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  • réside désormais aux Etats Unis Courriel graballand yahoo com Ses articles pour Diploweb com Existe t il deux Amériques Eléments de géographie électorale Géopolitique des Etats Unis Existe t il vraiment deux Amériques N est ce pas une division artificielle du fait du faible clivage idéologique Direction Directeur P Verluise Conseil scientifique Charte du site Faire un don Devenir membre Auteurs Proposer un article Synergies Présenter le site Conférences Partenaires

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  • Stratégies et intérêts : les relations des Etats-Unis avec les pays (...) - Amérique du Nord
    que le gouvernement américain cherche à se rapprocher d une zone stratégique en termes d approvisionnement énergétique En troisième lieu le déplacement des troupes américaines de l ouest vers l est de l Europe permet non seulement à Washington de déplacer le centre de gravité de l Alliance atlantique pour le rapprocher du centre d activité que constituent les arcs d instabilité identifiés plus haut mais également de s assurer le concours d alliés plus dociles et plus loyaux Quatrième et dernier point concernant le redéploiement militaire américain en Europe centrale et orientale celui ci vise à assurer la primauté américaine sur l ordre international Cela s effectue d une part en repoussant la Russie à l intérieur de ses frontières en cherchant à démocratiser un maximum d Etats voisins et à faire en sorte que leurs relations avec Moscou deviennent tendues La Géorgie est un exemple de cette stratégie D autre part la stratégie de primauté américaine vise à éviter une intégration trop poussée de l UE Le but n est pas d empêcher l intégration mais plutôt de s assurer qu un certain degré de division persiste entre ses membres Ainsi lorsque Donald Rumsfeld a établi une différence entre la nouvelle Europe jeune et dynamique et la vieille Europe repue et satisfaite le gouvernement américain a réussi à créer une tension qui divise les Etats européens entre atlantistes et européanistes 1 2 Quels nouveaux moyens stratégiques C est en juin 2004 que le Pentagone a décidé de modifier la taille des unités militaires déployées en Europe et de les déplacer du centre du continent Allemagne vers l est le but étant de faire des économies en réduisant le nombre de soldats déployés en Europe tout en renforçant la flexibilité des armées La proposition initiale consistait à remplacer la 1ère Division blindée et la 1ère Division d infanterie trop lourdes à manier par des brigades plus légères équipées de véhicules blindés Stryker Ce véhicule est polyvalent puisqu il se décline en plusieurs versions il est léger 19 tonnes rapide puisqu il est monté sur huit roues plutôt que sur des chenilles et peut être puissamment armé canon mortier missiles antichars ou anti aériens Du fait de son poids il peut être rapidement transporté par air Le Stryker est donc l alternative parfaite aux autres blindés déjà en usage dans l US Arm Il incarne à lui seul la forme que la Pentagone veut donner aux armées léger mobile modulable et puissant Les militaires américains diraient leaner but meaner Le redéploiement militaire américain en Europe reposera donc sur l organisation d un système à trois niveaux Le premier niveau consistera en bases opérationnelles majeures Main Operating Bases comme la base de l US Air Force à Ramstein en Allemagne ou celle de l US Navy à Rota en Espagne Le deuxième niveau reposera sur des bases d opérations avancées Forward Operating Bases comme l énorme Camp Bondsteel au Kosovo ou la base aérienne d Incirlik en Turquie C est ce type de base qui sera mis sur pied en Bulgarie en Pologne et en Roumanie Enfin le troisième niveau consistera en sites de matériel prépositionné ou en accords de facilité d accès Cooperative Security Sites Le vocabulaire adopté par le Pentagone et l administration américaine pour qualifier cette refonte du déploiement des troupes américaines est d ailleurs coloré et original Il s agirait selon le discours officiel de changer l empreinte footprint des Etats Unis en Europe et de fournir des nénuphars lily pads aux troupes américaines pour qu elles puissent faire des bonds jusqu aux zones troublées de l arc d instabilité 3 Le premier type de base pourrait représenter le centre ou le moyeu hub d éventuelles opérations militaires et les deux niveaux subalternes en seraient les rayons spokes 4 Ainsi la refonte du dispositif militaire américain en Europe devrait permettre des économies avoisinant les six milliards de dollars et d améliorer la réactivité des troupes dans la grande région eurasienne tout en adaptant les modes de présence de ces troupes en fonction des sensibilités politiques locales Ce dernier point est important pour la stratégie de Washington puisque avec la montée de l antiaméricanisme depuis l invasion de l Irak la possibilité de réduire la visibilité de la présence militaire américaine est un atout essentiel Ainsi le redéploiement autour de la Mer Noire en rapprochant les troupes américaines des zones d instabilité permettrait d éviter les situations comme celle de l hiver 2003 qui ont vu plusieurs alliés européens des Etats Unis leur refuser le survol de leurs territoires La réorganisation du déploiement militaire américain en Europe avec l utilisation d unités réduites et flexibles et l acceptation du principe des rotations outre mer régulières par opposition au déploiement de longue durée comme en Allemagne depuis 1945 constitue un bouleversement doctrinal sans précédent depuis 1945 pour le Pentagone Concernant l influence douce des militaires américains sur leurs homologues d Europe centrale et orientale elle repose sur la fascination qu ils exercent Les militaires sont en effet particulièrement sensibles aux performances des matériels dernier cri Or les troupes américaines possèdent non seulement les armes les plus récentes et les plus sophistiquées mais ils en ont en quantité industrielle Pour des militaires habitués au strict minimum comme ceux des anciens pays communistes il ne fait pas de doute que l opulence des Américains exerce une grande influence 5 Sans oublier que les soldats américains ont également une réputation de vainqueurs malgré le Vietnam et l Irak Le cinéma hollywoodien n est d ailleurs pas étranger à cette perception positive et à cette volonté d émulation Jean Michel Valantin a bien saisi bien le lien qui existe entre la production cinématographique et la mise en œuvre de la stratégie militaire américaine Il parle même de cinéma de sécurité national Cette socialisation par l image avec les soldats américains se conjugue bien souvent à une réécriture de l histoire par les réalisateurs d Hollywood ce qui contribue à accentuer la perception selon laquelle les militaires américains sont des vainqueurs La possession d équipement sophistiqué en grande quantité et l image véhiculée par le cinéma hollywoodien se combinent ainsi pour favoriser une image positive des militaires américains auprès de leurs homologues d Europe centrale et orientale Pour conclure cette premières partie il semble évident que si les décideurs américains risquent d être obligés d adopter une posture plus prudente en ce qui concerne l utilisation massive de la force armée cela ne signifie pas qu ils renonceront à surveiller les zones sensibles du monde C est pourquoi nous assistons au redéploiement des bases des forces armées américaines en Europe centrale et orientale 2 L appel d empire de l Europe centrale et orientale Cette partie démontrera que la stratégie américaine a été soutenue par la majorité des Européens des PECO Or cette situation s explique par les événements dramatiques du 20ème siècle et la mémoire de ces peuples 2 1 Le difficile 20ème siècle européen Pour comprendre la fascination et l attrait exercés par les Etats Unis sur les nations d Europe centrale et orientale il est nécessaire de faire un retour sur l histoire de la région au Vingtième siècle Après la Première Guerre mondiale les Etats qui s étaient retrouvés du côté des perdants comme la Bulgarie ou la Hongrie durent céder des régions entières aux Etats limitrophes qui étaient du côté des vainqueurs comme la Grèce et la Roumanie Les nouveaux Etats associés aux vainqueurs bénéficièrent de clauses favorables dans les domaines du redécoupage des frontières des transferts de populations et dans la réorganisation des armées 6 Ceci favorisa de la part des vaincus un ressentiment à l égard des puissances de l Europe occidentale en particulier la France qui est encore présent aujourd hui La Deuxième Guerre mondiale a elle aussi eu un impact négatif sur la perception de la France et de la Grande Bretagne dans des Etats comme la Pologne ou la Tchécoslovaquie Si le traité d alliance de 1921 entre la France et la Pologne avait été rendu caduc par la signature d un pacte de non agression entre Hitler et la Pologne le 26 janvier 1934 il en allait autrement de la Tchécoslovaquie Le 30 septembre 1938 fut signé l Accord de Munich par lequel les territoires des Sudètes étaient rattachés à l Allemagne Il faut noter que le même jour la Pologne indiquait au gouvernement tchécoslovaque qu elle occupait militairement une partie contestée du territoire de Teschen Ainsi l Accord de Munich a permis le dépeçage de la Tchécoslovaquie auquel participa la Pologne Cette dernière subira exactement le même sort un an plus tard C est en partie à cause de cette histoire difficile entre les puissances d Europe occidentale et leurs soi disant protégés de l est que les élites dirigeantes des Etats d Europe centrale et orientale ont peu de difficulté à convaincre les populations de s aligner sur les positions américaines Le discours étant que les Etats Unis sont des alliés plus fiables que les Européens de l ouest La gestion du conflit en ex Yougoslavie n a à cet égard rien arrangé pour l UE Après une vaine tentative d intervention fructueuse dans le cas de la Slovénie en Croatie les Etats membres de l UE se sont déchirés sur la question de la reconnaissance des républiques sécessionnistes de Croatie et de Slovénie avant de devoir appeler l ONU et l OTAN à la rescousse Au final ce sont les Etats Unis qui ont réussi à imposer un cessez le feu et à conduire les belligérants à la table des négociations Les Accords de Dayton de novembre 1995 ont confirmé le rôle prépondérant de la puissance américaine dans la sécurité européenne et le manque de coordination des Européens de l ouest L intervention de l OTAN au Kosovo n a que renforcé cet état de fait puisque la majorité des sorties aériennes ont été effectuées par les avions de l US Air Force En outre les armes des Européens manquaient de précision Ce manque de cohésion et d efficacité militaires continue de miner la crédibilité des Européens de l ouest auprès des opinions publiques et des élites d Europe centrale et orientale Pour ces derniers la présence américaine reste indispensable pour assurer leur sécurité Les ratés des puissances européennes traditionnelles ou leur cynisme à l encontre des puissances moyennes de l est du continent au cours du vingtième siècle restent des données essentielles pour comprendre la méfiance à l égard de l UE en termes de sécurité et l attachement aux Etats Unis Un autre élément est utile pour comprendre l influence américaine dans les PECO et c est l énergie déployée par Washington pour influencer les opinions de ces pays Les médias comme Voice of America et Radio Free Europe ont diffusé des informations en plusieurs langues tout au long de la guerre froide Ces informations ont joué un rôle important dans le renforcement de l image des Etats Unis comme défenseur de la liberté Dernier élément central pour comprendre le comportement des gouvernements d Europe centrale et orientale à l égard de la puissance d outre Atlantique est la présence de la Russie 2 2 Le facteur russe La chape de plomb communiste qui s est abattue sur l Europe centrale et orientale entre 1946 et 1948 a été qualifiée de trahison de Yalta par les élites anti communistes de ces Etats Ce qu il faut noter c est l habileté du gouvernement des Etats Unis à faire oublier qu il était lui aussi en partie responsable de cette trahison 7 Si l ordre de Yalta s est trouvé démantelé entre 1989 et 1991 du fait de la fin de l affrontement entre l est et l ouest et de l effondrement de l empire soviétique les perceptions à l égard de la Russie n ont que peu évolué dans les pays d Europe centrale et orientale Plusieurs facteurs permettent de comprendre cet état de fait En premier lieu le caractère instable de la politique en Russie post soviétique n a pas rassuré ses voisins L assaut militaire contre le Parlement en octobre 1993 ordonné par le Président Eltsine lui même démontrait que la démocratie n était que peu consolidée De plus la gestion brutale du conflit sécessionniste en Tchétchénie à partir de décembre 1994 a illustré les difficultés qu éprouvait le Kremlin à gouverner autrement que par la manière forte En deuxième lieu l état de la démocratie continue d inquiéter les observateurs de la Russie et d abord ses voisins La tolérance dans les années 1990 des propos agressifs et xénophobes d un Vladimir Jirinovski les éliminations de journalistes qui critiquaient le pouvoir qui se poursuivent encore aujourd hui ou l emprisonnement d hommes d affaires sans procès équitable ne démontrent pas un bon état des normes démocratiques Troisième et dernier point la Russie utilise habilement l arme énergétique pour continuer de s imposer à ses anciens satellites et pour faire pression sur les Européens de l ouest Cet élément ne renforce pas seulement la méfiance à l égard de la Russie mais également à l égard des pays de l UE qui semblent prêts à sacrifier les intérêts de certains pays d Europe centrale et orientale comme la Pologne ou l Ukraine pour s assurer un approvisionnement en gaz et en pétrole En revanche ce qui risque de compliquer la tâche du gouvernement américain en Europe orientale ce sont les différences de positionnement de ses alliés impériaux à l égard de la Russie S il est vrai que la plupart des anciens pays communistes se méfient de leur grand voisin il existe tout de même des variantes Un exemple concret parmi d autres concerne les différences entre la Bulgarie et la Roumanie Pour la Bulgarie qui a été un allié très loyal de l URSS pendant la Guerre froide ses relations avec la Turquie se caractérisent par la proximité géographique et une histoire conflictuelle Il est donc possible que le gouvernement bulgare cherche à faire appel à la Russie pour contrebalancer l influence turque dans la région Pour comprendre le ralliement des gouvernements des Etats d Europe centrale et orientale aux positions américaines cinq catégories d arguments peuvent être invoqués 8 La première raison repose sur l argument selon lequel les Etats Unis sont un ami proche compréhensif et fiable Le principal exemple utilisé pour justifier cet argument est le rôle joué par les Américains dans l admission des anciens Etats communistes dans l OTAN La deuxième raison concerne la perception de l excellence américaine dans presque tous les domaines puissance structurelle incluant la promotion de la démocratie et de la liberté En d autres termes les Etats Unis seraient une superpuissance unique et généreuse L attrait des universités privées américaines dans les PECO est là pour souligner cette perception La troisième raison du soutien aux Américains est l anticommunisme Pendant la période de la domination soviétique seul les Etats Unis seraient restés mobilisés pour contrebalancer la propagande communiste de Moscou La quatrième raison est la peur de la Russie Cette raison ne revêt toutefois pas la même importance dans tous les pays d Europe centrale et orientale La proximité géographique les liens culturels et l histoire plus ou moins conflictuelle permettent de départager les nations qui craignent la Russie et ceux qui ne se sentent que peu concernées par elle Les Baltes les Polonais ou les Roumains continuent d éprouver des craintes à l égard de la Russie les Bulgares les Moldaves et les Ukrainiens sont plutôt ambiguës alors que les Hongrois les Slovaques ou les Tchèques sans être des fervents partisans de la Russie ne se sentent pas aussi concernés par elle Enfin la cinquième raison concerne l espoir des retombées économiques et financières découlant d un alignement sur la position américaine Dans le long terme les pays qui recevront des bases américaines comme la Bulgarie la Pologne la Roumanie et dans une moindre mesure la Hongrie espèrent tous bénéficier de retombées économiques découlant non seulement des investissement dans les nouvelles infrastructures militaires et civiles mais également de celles découlant des dépenses des militaires américains déployés sur place Conclusion Les politiques européennes de promotion de la démocratie et de la sécurité ont souvent été perçues comme insuffisantes par les pays de l Europe centrale et orientale Devant une PESC balbutiante l appel aux Etats Unis par la Nouvelle Europe est évident Aux yeux des populations de l Europe centrale et orientale les ambiguïtés européennes en matière d élargissement comme dans le domaine de la promotion de la sécurité dans son voisinage ne peuvent à court et moyen terme que rendre encore plus désirable la présence américaine dans la région Qui plus est le Sommet de Saint Petersbourg du 10 février 2003 entre l Allemagne la France et la Russie a eu un effet négatif sur les perceptions des pays de la nouvelle Europe En réaction à la Realpolitik de l Europe occidentale et de la Russie les Etats d Europe centrale et orientale cherchent à s en remettre à l équilibre des puissances Balance of power en invitant les Etats Unis à jouer le rôle de balancier ou d égalisateur entre l UE et la Russie Cela ressemble à une forme adoucie de l ancien équilibre européen du 19ème siècle Cette région combine en fait les deux modèles chers aux analyses réalistes le balancing et le bandwagoning 9 Pour équilibrer l alliance UE Russie qui se déploie au dessus de leurs têtes les Etats d Europe centrale et orientale plus particulièrement les pays baltes la Pologne et la Roumanie cherchent à monter dans le train militaire tiré par la locomotive américaine to bandwagon En revanche les faibles retombées économiques du redéploiement américain commencent à se faire sentir dans les commentaires de l opinion publique en Bulgarie et en Roumanie Les gens s attendaient à voir pleuvoir l argent destiné à construire des infrastructures pour les soldats américains Ils se retrouvent plutôt avec des

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  • les Relations Internationales et les questions de sécurité Titulaire d une licence en Science Politique B Sc et d un Master of Science M Sc en Relations Internationales de l Université de Montréal il est Docteur de l IEP de Paris où il a soutenu une thèse sur les relations franco américaines dans les interventions militaires conjointes en ex Yougoslavie Entre 1996 1998 il a travaillé en tant qu assistant de recherche et auxiliaire d enseignement en Relations Internationales à l Université de Montréal Il a également été chercheur associé pour le Groupe de Recherche sur la Sécurité Internationale GERSI Université de Montréal McGill University Ronald Hatto a co signé avec Odette Tomescu Les Etats Unis et la nouvelle Europe La stratégie américaine en Europe centrale et orientale Paris Autrement 2007 Ses articles pour Diploweb com Stratégies et intérêts les relations des Etats Unis avec les pays d Europe centrale et orientale Aux yeux des populations de l Europe centrale et orientale les ambiguïtés de l Europe communautaire en matière d élargissement comme dans le domaine Direction Directeur P Verluise Conseil scientifique Charte du site Faire un don Devenir membre Auteurs Proposer un article Synergies Présenter le site Conférences Partenaires

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  • L’ouragan Katrina : les leçons d’un échec. Les faiblesses du (...) - Amérique du Nord
    370 catastrophes nationales 36 3 2 Affaiblissement et mise sous tutelle de la FEMA L arrivée au pouvoir de la nouvelle administration Bush marque le début du déclin de la FEMA qui se trouve pourtant alors au sommet de sa gloire couverte de louanges par tous les élus et jouissant d un formidable capital de sympathie Ayant été élu à la présidence des Etats Unis sur la promesse de réduire les impôts Bush entend commencer par réduire les dépenses fédérales or aux yeux de la nouvelle administration la FEMA est une agence coûteuse et dépensière incarnation du populisme de l ère Clinton dont elle est bien décidée à réduire le budget en supprimant tous les programmes jugés inutiles En 2001 les autorités de Washington proposent ainsi au Congrès une diminution de 20 du budget de la FEMA d un montant initial de 2 5 milliards de dollars 500 millions de dollars d économies sont identifiées dont notamment les subventions aux services d incendie d un montant de 100 millions de dollars Toutefois le véritable coup fatal porté à la FEMA tient à la décision de l absorber à l intérieur de la nouvelle superagence chargée de regrouper l ensemble des outils nécessaires pour combattre le fléau du terrorisme le Department of Homeland Security Perdant son lien direct avec le Président qui était une clef de son efficacité l agence se retrouve à l intérieur d un conglomérat hétéroclite qui regroupe plus de 180 000 fonctionnaires et 22 agences très diverses que ce soit la DEA Drug Enforcement Administration les Gardes Côtes les Douanes le Secret Service ou les services de l Immigration chapeautée par un Emergency Preparedness and Response Directorate directoire chargé de la préparation et de la gestion des crises Ne bénéficiant que d une faible audience au sein d un ministère préoccupé par la seule lutte contre le terrorisme la FEMA subit dès lors un net affaiblissement qui se traduit par la réduction de son budget la perte de son influence et d une partie notable de ses prérogatives Considérée comme une poule aux œufs d or l agence est ainsi l objet de coupes budgétaires régulières tous les programmes non directement liés à la prévention de la menace terroriste sont sinon sacrifiés à tout le moins systématiquement réduits Ainsi en 2003 le budget du fond de prévention des inondations est divisé par deux de 20 à 10 millions de dollars les sommes ainsi prélevées sur la FEMA servant à financer l achat de produits estampillés du logo du DHS destinés à faire connaître la nouvelle structure auprès de la population Non seulement la FEMA voit ses crédits diminuer mais en outre elle n est même pas consultée sur l élaboration de nouveaux plans les fonctionnaires du DHS exigent dans l Iowa la création de zones tampons autour d installations pétrochimiques bâties au demeurant dans des zones inondables la création de ces zones interdisant toute intervention des services de secours en cas d inondation sans que la FEMA ne soit même consultée lors de la prise de la décision Quant aux prérogatives de la FEMA elles sont réduites en septembre 2003 le premier Secrétaire de la Sécurité Intérieure Tom Ridge retire à la FEMA la gestion des subventions des programmes de préparation opérationnelle au profit de l ODP Office for Domestic Preparedness dissociant ainsi la préparation de la crise des opérations de gestion de crise ce qui contribue encore davantage à affaiblir la FEMA Cependant cette érosion de la FEMA n est pas perceptible dans les faits En 2004 seuls 4 ouragans importants sont recensés et un seul frappe un Etat en occurrence la Floride l Etat le mieux préparé à la menace d un ouragan parmi les Etats de la côte Comme le disent les experts des catastrophes ce n est pas la FEMA qui vient aider la Floride c est la Floride qui aide la FEMA Ayant tiré les leçons du passage de l ouragan Andrew en 1992 la Floride dispose d un dispositif efficace de prévention des crises En outre la Floride est dirigée par le propre frère du président Jeb Bush Se rappelant que l ouragan Andrew avait coûté sa réélection à leur père les deux frères engagent des moyens massifs pour faire face à la catastrophe dans un Etat particulièrement précieux pour l élection présidentielle la FEMA prenant en compte la seule question logistique prépositionnant des quantités considérables d eau de nourriture et de glace et envoyant des quantités de caravanes pour fournir un logement provisoire à l ensemble des sans abris En pratique près de 4 ans après l élection de Georges W Bush à la Maison Blanche la FEMA a perdu les savoir faire et l expertise qui en faisaient un atout majeur en matière de gestion de crises De nombreux signaux d alerte étaient apparus Examinant l action de la FEMA lors des ouragans ayant frappé la Floride en 2004 un rapport de l inspecteur général de la Sécurité Intérieure démontre que les systèmes informatiques de la FEMA ne permettent pas de suivre le personnel les matériels et les équipements envoyés dans la zone sinistrée La FEMA selon le rapport ne disposait même pas des moyens de s assurer que les moyens fédéraux étaient bien arrivés sur place En mars 2005 ces faiblesses sont confirmées lors d un audit de la FEMA mené par un cabinet de consultants privés la Mitre Corporation Effectué à la demande du directeur de la FEMA Michaël Brown le rapport de Mitre est impitoyable décrivant une agence en morceaux mal dirigée ne disposant pas d un état major suffisamment étoffé ni d un budget suffisant concluant que la FEMA était désormais incapable de mener à bien sa mission principale la gestion de crises civiles 37 Quatre ans après les attentats du 11 septembre 2001 les promesses du président Bush qui entendait avec la création du Department of Homeland Security forger un outil opérationnel destiné à garantir la sécurité des Etats Unis contre toutes les menaces semblent donc bien illusoires Confronté à d importantes difficultés de mise en œuvre le nouveau ministère n est toujours pas opérationnel au moment où survient la catastrophe de Katrina Bien plus son obsession pour la lutte contre le terrorisme reflet du traumatisme de la population américaine et de l administration fédérale à la suite des attentats de 2001 conduit au sacrifice de l outil fédéral de gestion de crises dont les Etats Unis avaient enfin réussi à se doter Discréditée dans un nouvel ensemble qui tient pour quantité négligeable la prise en compte des menaces naturelles en dépit de la probabilité de leur occurrence la FEMA n est plus en mesure d assurer les missions qui lui ont été assignées lors de sa création et par conséquent de contribuer à l efficacité de la réponse fédérale en cas de crise En pleine restructuration ne disposant pas de procédures opérationnelles simples et testées sur le terrain n ayant pas clarifié les importants problèmes de coordination que pose nécessairement la conduite d une crise d ampleur nationale le Department of Homeland Security est totalement pris au dépourvu par la catastrophe de Katrina devant être tenu pour directement responsable de la confusion et de la passivité qui caractérisent l attitude de l administration fédérale pendant les premiers jours de la crise III Katrina et la faillite des pouvoirs publics Frappant la côte des Etats Unis le lundi 29 août 2005 l ouragan Katrina provoque la rapide neutralisation des autorités locales Quant au gouvernement fédéral il ne prend que tardivement la mesure de la situation ne se décidant à intervenir qu à partir du mardi 30 août perdant 48 précieuses heures ce qui contribue à accroître le chaos ambiant Perturbée par la paralysie générale des communications la réponse fédérale est confuse révélant de nombreuses lacunes en termes de commandement et de coordination Tandis que la FEMA fait la preuve de son impuissance et est rapidement discréditée seule l intervention de l Armée permet de rétablir l ordre et au gouvernement de reprendre en main la situation 1 La rapide neutralisation des autorités locales Conformément au principe de subsidiarité qui régit la gestion des crises aux Etats Unis c est aux autorités locales qu est revenue la préparation de l arrivée de Katrina puis la prise des premières mesures d urgence Si celles ci ont dans l ensemble bien joué leur rôle en faisant procéder à l évacuation des zones menacées par la catastrophe à l exception notable de la Nouvelle Orléans elles ont en revanche rapidement été débordées par l ampleur de la catastrophe du fait de la neutralisation du système des communications et de la destruction de leurs systèmes de commandement 1 1 L évacuation une responsabilité locale Aux Etats Unis l évacuation des villes est une responsabilité qui appartient aux seules autorités municipales prérogative à laquelle elles sont jalousement attachées et qui ne peut être exercée par des autorités supérieures 38 A la suite de l annonce de la menace de Katrina dès le vendredi 26 août par les responsables du National Weather Service et du National Hurricane Center la plupart des maires font procéder à l évacuation de force de leurs villes Organisée de concert avec les gouverneurs des Etats 39 qui veillent à la régulation de la circulation sur les grands axes routiers afin d assurer la fluidité des flots d évacuation cette opération est bien exécutée dans l Alabama le Mississipi et la majeure partie de la Louisiane où 1 2 millions d habitants quittent l Etat ce qui constitue la plus grande opération d évacuation de son histoire La situation est toute autre à la Nouvelle Orléans du fait des velléités de son maire Ray Nagin 40 qui tarde à imposer l évacuation obligatoire de la ville préférant dans un premier temps appeler à une simple évacuation volontaire qui n est qu imparfaitement effectuée Stimulé par le gouverneur de l Etat de Louisiane Kathleen Blanco et par le directeur du National Hurricane Center Max Mayfield qui l appelle personnellement pour lui décrire les dangers qui menacent sa ville l édile finit par donner cet ordre d évacuation le dimanche 28 août soit 24 heures avant que Katrina ne vienne ravager la Nouvelle Orléans Cependant cet ordre est mal exécuté Tout d abord Nagin n organise pas l évacuation des plus pauvres incapables de partir faute de moyens de locomotion ou d argent pour financer leur transport 41 et se contente de les inviter à se regrouper dans un abri de la dernière chance le Superdome complexe sportif qui n a pas été conçu pour abriter pendant plusieurs jours une foule de réfugiés et qui n a pas été approvisionné en vivres et en boissons de manière suffisante pour assurer le soutien de cette foule 42 Par ailleurs Nagin refuse de faire procéder à l évacuation de force des milliers d habitants qui n obéissent pas à l ordre d exécution convaincus que l ouragan épargnerait au dernier moment leur ville 43 Enfin il prend une troisième décision tout aussi lourde de conséquences en ne faisant pas procéder à l évacuation des hôpitaux des maisons de retraite et des hôtels Tranchant avec le comportement responsable de la plupart des autorités locales lors de la préparation de l arrivée de Katrina Nagin porte ainsi une lourde part de responsabilité dans le désastre qui frappe sa ville 44 Son indécision conduit à maintenir dans la Nouvelle Orléans plus de 70 000 personnes qui sont les premières victimes du drame qui se joue à partir de l inondation de la ville le 29 août 2005 survivant dans des conditions dramatiques au piège des eaux obligeant les autorités à monter en urgence une opération de sauvetage qui révèle la vulnérabilité du dispositif fédéral de gestion de crises dans de telles circonstances 1 2 La paralysie des autorités municipales A l aube du lundi 29 août 2005 l ouragan Katrina frappe les Etats côtiers du golfe du Mexique ravageant sur son passage la Louisiane le Mississipi et l Alabama ce dernier étant toutefois relativement épargné par la fureur de l ouragan Aux vents tourbillonnants d une force supérieure à 220 km h qui arrachent tout sur leur passage s ajoute un raz de marée qui recouvre une partie des Etats côtiers sous une vague de plus de 7 mètres de haut submergeant notamment les digues qui protègent la Nouvelle Orléans et qui sont détruites en plusieurs endroits provoquant l inondation de la ville en quelques heures les trois quarts des quartiers de la Nouvelle Orléans étant recouverts par les eaux au soir du désastre L ouragan entraîne une gigantesque paralysie des moyens de communications La plupart des centres de communication et des relais téléphoniques sont détruits ainsi à compter du 29 août 3 millions de lignes téléphoniques cessent de fonctionner dans les trois Etats côtiers ravagés par Katrina 45 Par ailleurs dans le Mississipi comme en Louisiane la plupart des centres de commandement locaux sont mis hors service étant détruits ou inondés Dans la Nouvelle Orléans l inondation anéantit toute capacité de commandement l hôtel de ville les centres de commandement de la police des pompiers de la Garde Nationale sont envahis par les eaux Pendant toute la phase initiale de la crise les responsables de ces services perdent tout contact avec leurs personnels mais aussi avec les responsables des niveaux fédéral et étatique Les responsables locaux sont totalement dépassés par l ampleur de la catastrophe ne disposant plus pour la majorité d entre eux de capacités de communication comme de commandement Le maire de la Nouvelle Orléans Ray Nagin est la meilleure illustration de cette situation réfugié dans son hôtel de ville pendant les 5 premiers jours il ne contrôle plus aucun de ses services à commencer par sa police qui s est littéralement volatilisée Si un PC provisoire est reconstitué au Superdome réunissant des responsables de la police et de la Garde Nationale il n y a aucun commandement unifié et aucune structure pour regrouper les demandes les classer par ordre de priorité et les adresser à l échelon supérieur La plupart des élus locaux du Mississipi et de la Louisiane perdent ainsi toute capacité de communiquer pendant plusieurs jours Dans le Mississipi les seuls moyens de communication sont les téléphones satellites et les radios jusqu à l épuisement des batteries En Louisiane alors que l Etat et les municipalités tenaient des vidéoconférences quotidiennes pour coordonner leur action et faire un point de situation pendant la préparation de la crise aucune vidéoconférence n est possible à partir du lundi 29 août et ce jusqu au vendredi 9 septembre soit 11 jours plus tard où même à ce moment plusieurs participants éprouvent encore des difficultés à téléphoner 46 Dès les premières heures de la catastrophe la destruction du système de communications comme des structures de commandement locales aboutit à la neutralisation de fait des autorités locales qui ne sont plus en mesure de pouvoir gérer à leur niveau les premières mesures d urgence ni de pouvoir solliciter des renforts 1 3 Des Etats dépassés par l ampleur de la catastrophe L ampleur de la catastrophe prend au dépourvu les gouverneurs des trois Etats dont les capacités sont insuffisantes pour faire face à l ensemble des demandes 47 Si les structures de commandement étatiques sont davantage préservées par l ouragan l importance de ce dernier et différents facteurs opérationnels ont un fort impact sur l unité de commandement En Louisiane les responsables du centre des opérations de Baton Rouge ne sont pas préparés à gérer une catastrophe de l ampleur de Katrina Ils manquent ainsi de personnels qualifiés ne disposant que de 40 personnels correctement formés soit deux équipes de 20 personnels se relayant toutes les douze heures ce qui est insuffisant pour leur permettre de diriger un grand nombre d opérations de secours 48 De même le système informatique se révèle sous dimensionné pour traiter le flot d informations et de demandes devant en toute urgence être renforcé par deux nouveaux serveurs à cet effet Par ailleurs il n y a aucune unité de commandement au centre des opérations dont les responsables ne se soucient que de l évacuation laissant de côté d autres aspects de la crise tout aussi critiques et qui nécessitent une collaboration étroite avec le groupe de planification fédéral sauvetage évaluation des dégâts évacuation sanitaire abris temporaires déblaiement De ce fait lorsque le raz de marée se produit les responsables étatiques n ont aucune idée des mesures à prendre dans les premières heures et continuent de se focaliser sur les survivants perdant du temps à organiser les opérations de secours sans engager la phase suivante Ils sont rapidement dépassés par le nombre considérable de demandes d aide du fait de la taille de Katrina et de l importance des dégâts causés à commencer par l inondation de la Nouvelle Orléans 2 La réponse tardive et confuse de l administration fédérale 2 1 La lente compréhension de l ampleur réelle de la catastrophe de Katrina Informés le vendredi 26 août de la menace de Katrina les responsables fédéraux ne prennent pas la menace au sérieux Bien que l exercice Pam ne se soit déroulé que quelques mois plus tôt ses enseignements ont été rapidement oubliés au point qu il faut près d une journée aux fonctionnaires du DHS pour retrouver un exemplaire du rapport Pam En outre les principaux responsables sont en vacances 49 Georges Bush prend alors son mois de vacances annuel dans son ranch du Texas Dick Cheney est dans le Montana le chef d état major de la Maison Blanche Andrew Card se trouve dans le Maine Quant au conseiller de la Maison Blanche chargé des questions de sécurité intérieure Kenneth Rapuano c est un spécialiste des armes de destruction massive et de la prolifération nucléaire mais qui ne connaît rien aux risques naturels Le suivi des premières mesures concernant la prévention des effets de Katrina se fait donc par des vidéoconférences où les responsables fédéraux ne semblent guère s émouvoir des propos alarmistes du directeur du NHC 50 ni des rapports inquiétants de la FEMA Katrina est traitée comme une catastrophe naturelle normale dont la gestion est laissée à la diligence des autorités locales conformément aux dispositions du National Response Plan l action fédérale se bornant à la prise en charge du coût financier des opérations de secours Lorsque Katrina frappe les Etats côtiers le lundi 29 août la disparition quasi totale de toutes les communications régionales qui s ensuit empêche la compréhension de la réalité de la situation par l administration fédérale L inondation de la Nouvelle Orléans n est ainsi pas analysée correctement persuadés que les digues ont été simplement recouvertes par le raz de marée créé par Katrina et ont tenu bon les responsables de Washington sont convaincus que le gros de la catastrophe est passé et par conséquent que les autorités locales et étatiques ont la situation en main A leur décharge ce sentiment est partagé par les autorités étatiques elles mêmes le gouverneur de la Louisiane assurant lors de la vidéoconférence qui se tient le jour de la catastrophe avec tous les plus hauts responsables fédéraux que les digues ont résisté 51 Cette erreur majeure explique la passivité initiale de l administration fédérale Pourtant dès le début de la catastrophe plusieurs informations alarmantes sont adressées tant au gouverneur de la Louisiane qu à Washington pour dénoncer l existence de brèches dans le système des digues à la suite de l impact de Katrina qui entraînent à partir de ce moment l inondation continue de la Nouvelle Orléans par les eaux du lac Pontchartrain La gravité de la situation est telle qu elle exige une intervention rapide de l administration fédérale pour éviter une aggravation des dégâts et des victimes Cependant bien que cette alerte soit rapidement transmise le centre des opérations du DHS le HSOC 52 chargé d élaborer une vue d ensemble de la situation au profit des autorités fédérales refuse d en tenir compte jusqu au mardi 30 août et s obstine pendant les premières 24 heures à fournir des informations faussement rassurantes au président et à son entourage Ce n est que 30 heures après le début de la crise le mardi 30 août dans l après midi qu un rapport détaillé évaluant les premiers dégâts rend enfin véritablement compte du drame qui se joue sur les rives du Mississipi décidant le Secrétaire de la Sécurité Intérieure Michael Chertoff à déclarer Katrina catastrophe d importance nationale et à mettre en œuvre le National Response Plan qui sert de cadre d action à l intervention fédérale 2 2 Une intervention impuissante à remédier à la confusion ambiante L intervention de l administration fédérale qui s inscrit en renfort des moyens déjà déployés par les gouverneurs et les maires des trois Etats concernés se fait dans un contexte profondément dégradé où la paralysie générale des moyens de communications dans la zone du sinistre perturbe tant la compréhension de la situation que la coordination des opérations de secours d autant qu aucune structure de commandement commune n est mise en place au cours de la première phase de la gestion de la crise 2 2 1 Paralysie des communications et absence de vision de la situation Le premier problème qui se pose aux autorités fédérales est de remédier à la destruction ou à la mise hors service de l essentiel des moyens de communications dans toute la région sinistrée par l ouragan Katrina panne générale qui provoque un intense sentiment de confusion parmi les responsables de la gestion de la crise qui ne disposent pas de ce fait d une vision d ensemble de la situation sur le terrain Faute de moyens de communications les unités engagées ne peuvent ni communiquer entre elles ni rendre compte aux autorités de la situation à laquelle elles sont confrontées C est ainsi que pendant les premières 48 heures de la crise les unités de la Garde Nationale du Mississipi agissent d initiative ne disposant plus que d un réseau d appareils portatifs qui ne leur permet pas de communiquer avec leur commandement L incapacité dans laquelle se trouvent les autorités de donner des ordres à leurs troupes provoque une grande confusion dans le déroulement des opérations de secours qui constituent la priorité majeure aux premières heures de la crise En Louisiane l évacuation des habitants réfugiés sur leurs toits se fait de manière anarchique sans plan de ratissage de la ville dont certains quartiers sont visités plusieurs fois tandis que d autres attendront plusieurs jours avant de voir arriver une première équipe de sauvetage 53 Les personnes évacuées ne sont pas regroupées au même endroit mais sont tantôt déposées au Superdome contribuant ainsi à aggraver la détérioration des conditions de vie des personnes qui s y trouvent déjà tantôt déposées dans les endroits secs de la ville sans qu aucun recensement des identités des personnes évacuées ni des lieux de regroupement ne soit effectué Bien que disposant de la première armée du monde et du premier réseau de satellites du monde l administration fédérale se révèle incapable de savoir ce qui se passe dans la ville de la Nouvelle Orléans pourtant située sur le propre sol des Etats Unis Ainsi les autorités mettent plusieurs jours à découvrir l existence d un regroupement spontané de plusieurs milliers d habitants dans le Convention Center de la Nouvelle Orléans ces derniers étant confrontés à des conditions de survie particulièrement éprouvantes dans un centre dépourvu d électricité et donc d air conditionné alors que la température est étouffante sans approvisionnement en eau ni en vivres 54 L erreur majeure des autorités fédérales est de ne pas s attacher à rétablir rapidement un réseau de communications de fortune qui leur aurait permis de reprendre la situation en main de disposer d une information exacte sur les problèmes à traiter et ainsi de pouvoir coordonner l action des différents services Elles en avaient la possibilité la FEMA possédant à cet effet plusieurs centres de communications mobiles les véhicules MERS 55 spécialement conçus pour être employés en situation de crise mais qui ne sont pas utilisés sur décision de Michael Brown de peur d abîmer des équipements électroniques jugés trop sensibles De même un autre centre de communication mobile appelé Octobre Rouge pourtant déjà prépositionné au nord de la Louisiane à Shreveport ne réussit pas à être envoyé à la Nouvelle Orléans le camion lui servant à se déplacer se révélant trop gros pour circuler sur les routes menant à la ville louisianaise Dès lors à l instar des autres autorités les autorités fédérales sont la proie des rumeurs amplifiées par les médias qui se saisissent des moindres faits réels ou imaginaires concernant la dégradation de la situation à la Nouvelle Orléans A l image de l opinion publique les autorités sont incapables de démêler la part du faux et du vrai dans les nombreux récits dépeignant l accroissement du climat de violence dans une ville laissée à l abandon par des pouvoirs publics incapables de gérer la crise Ces rumeurs 56 en viennent à constituer un frein à la gestion des opérations de secours de nombreux chauffeurs chargés de convoyer des approvisionnements au profit de la Nouvelle Orléans exigent une escorte militaire pour assurer leur sécurité des villes refusent d envoyer des pompiers dans la Nouvelle Orléans Quant à la Garde Nationale elle tarde à intervenir au Superdome pour rétablir l ordre attendant l envoi de renforts pour se trouver en nombre suffisant n agissant de ce fait qu au bout de 100 heures le 1er septembre 57 ne découvrant en lieu et place des supposés rebelles que des gens affamés et épuisés 2 2 2 L absence d unité de commandement Confrontées à un important problème de communication les autorités fédérales échouent par ailleurs à mettre en œuvre une chaîne de commandement unique gage pourtant indispensable de réussite et d efficacité dans un contexte aussi confus et dégradé que celui de Katrina Si le schéma théorique du NIMS National Incident Management System était censé servir de cadre d action commun à l ensemble des responsables de la crise quel que soit leur niveau d intervention c est une réalité toute autre qui apparaît sur le terrain De fait la mise en oeuvre du NRP révèle la confusion régnant entre deux notions voisines celle de Federal Coordinating Officer FCO et celle de Principal Federal Officer PFO problème qui avait déjà été souligné lors de l exercice TOPOFF 3 en avril 2005 D après la doctrine c est au FCO qu il revient de coordonner toutes les opérations fédérales étant le seul à pouvoir engager des fonds fédéraux nommé par le président porteur d une lettre de mission revêtue du sceau présidentiel il a en théorie les pleins pouvoirs pour mobiliser l administration fédérale afin de faire face à une catastrophe Toutefois lors de Katrina le rôle du FCO est largement éclipsé par le PFO Fort de son statut de représentant du Secrétaire de la Sécurité Intérieure le premier PFO Michael Brown directeur de la FEMA nommé par Chertoff le 30 août 2005 joue un rôle opérationnel contournant l action menée par le FCO agissant de son côté en liaison directe avec le gouverneur de la Louisiane et le maire de la Nouvelle Orléans Le remplaçant de Brown l amiral Thad Allen commandant en chef des Coast Guards 58 installe pour sa part un commandement séparé à la Nouvelle Orléans à l écart du FCO et du Joint Field Office pourtant prévu par le NRP comme le centre de commandement commun de la crise pour l ensemble des autorités fédérales Par la suite le cumul par Thad Allen des fonctions de FCO et de PFO montre la vacuité de la distinction entre les deux notions source de davantage de confusion que d une réelle efficacité sur le terrain A cette chaîne de commandement civile il faut ajouter deux chaînes de commandement militaires La première concerne la Garde Nationale renforcée par des unités venues de l ensemble des Etats Unis conformément aux accords d entraide interétatiques dont le gouverneur Blanco refuse pour la Louisiane de céder le commandement au président Bush La seconde concerne la force interarmées mise sur pied pour faire face à la crise de Katrina la Joint Task Force Katrina dont le commandant le général Honoré agit également indépendamment du Joint Field Office et du FCO Ayant installé son poste de commandement sur un navire de guerre américain l USS Iwo Jima amarré au port de la Nouvelle Orléans il reçoit directement les demandes des municipalités alors que les dispositions du NRP prévoyaient que toute demande devait suivre une procédure stricte comportant un examen préalable par l Etat puis par le FCO de la FEMA avant d être adressée pour action au Département de la Défense 2 2 3 Le difficile sauvetage des survivants de la Nouvelle Orléans illustration des difficultés du gouvernement fédéral L absence d un commandement efficace et son impact sur l unicité de la chaîne de commandement dégradent les efforts de secours les problèmes de coordination étant par ailleurs exacerbés par les problèmes rencontrés individuellement par les gouvernements à tous les niveaux locaux étatiques fédéral L évacuation du Superdome est l exemple le plus clair de cette inefficacité et de cette absence de coordination qui ont contribué à retarder l engagement de moyens de secours pourtant particulièrement urgents Dès le lendemain du raz de marée qui inonde la Nouvelle Orléans constatant la nette détérioration des conditions de vie des 25 000 réfugiés qui s entassent dans le Superdome le représentant de la FEMA sur place Phillip Parr élabore un plan d évacuation avec la Garde Nationale de la Louisiane comportant l emploi de plusieurs hélicoptères Chinook et Blackhawk Ce plan est prêt dès le mercredi 31 août matin un délai de trente heures semblant nécessaire pour effectuer l ensemble de l évacuation Cependant Parr ignore que dans le même temps le gouverneur Blanco a demandé l aide de l Armée sans même d ailleurs en faire part à la FEMA C est ainsi que le plan proposé par Parr n est pas mis en application la Joint Task Force placée sous les ordres du général Honoré élaborant à son tour son propre plan d évacuation comportant également l emploi de moyens aériens mais qui n est exécuté que le samedi 2 septembre soit 72 heures plus tard 59 3 L effacement de la FEMA au profit d un nouvel acteur de gestion de crises intérieures l Armée 3 1 L incapacité de la FEMA à faire face à la catastrophe La gestion désastreuse de la crise provoquée par l ouragan Katrina fait de la FEMA le symbole de l impuissance de l administration fédérale 3 1 1 Une préparation insuffisante à la catastrophe Si la FEMA prend au sérieux la menace que représente Katrina dès qu elle a connaissance des éléments fournis par le service de météorologie le vendredi 26 août elle se prépare de manière insuffisante à affronter la crise qui s annonce faute d avoir su tirer les enseignements appropriés de l exercice Pam Commençant à entreposer des réserves de nourriture et de médicaments à proximité de la zone supposée de la catastrophe les équipes de la FEMA choisissent des lieux souvent trop éloignés qui se trouvent au mieux à trois heures de route de la Nouvelle Orléans comme le camp Beauregard situé au centre de la Louisiane au pire à dix heures de route comme Jacksonville Floride ou Denton Texas En outre le volume de ces réserves est insuffisant pour faire face à un ouragan de la catégorie de Pam ainsi alors que les besoins étaient évalués pour la seule Louisiane à 69 camions d eau 69 camions de glace et 34 camions de nourriture seuls 30 camions d eau 17 camions de glace et 15 camions de nourriture sont acheminés avant le dimanche 28 août A ces problèmes de vivres s ajoute le problème des générateurs seuls 50 ont été regroupés alors que le rapport tiré de l exercice Pam expliquait qu un minimum de 100 était indispensable pour faire face à la probable coupure de courant qui suivrait l impact de Katrina Quant au problème de l évacuation des habitants il est totalement négligé par la FEMA qui se repose sur les seules autorités locales pour gérer ce problème alors que la loi lui permet de réquisitionner les bus du ministère des Transports 60 3 1 2 Le discrédit rapide de la FEMA multipliant des promesses qu elle s avère incapable de tenir Cette erreur de préparation initiale sera lourdement reprochée à la FEMA qui s avère par la suite incapable d assurer le soutien logistique de la crise et de satisfaire aux nombreuses demandes qui lui sont faites pendant la phase initiale de Katrina De manière générale l agence se discrédite rapidement en multipliant des promesses qu elle se montre ensuite incapable de tenir L exemple des bus est significatif de cette situation A la demande du gouverneur Blanco le directeur de la FEMA Michael Brown adresse le mercredi 31 août une demande de réquisition de 455 bus au ministère des Transports pour pouvoir procéder à l évacuation des 25 000 personnes qui se trouvent au Superdome Faisant la navette entre les services fédéraux et les services de l Etat de la Louisiane avant d être validée au bout de plusieurs heures cette demande est traitée tardivement par le ministère des Transports qui tarde de surcroît à la satisfaire étant confronté au problème de la dispersion des bus à réquisitionner dont certains se trouvent à plusieurs milliers de miles de la Nouvelle Orléans Cependant en l absence d explications l incapacité de la FEMA à tenir sa promesse dans un contexte nécessitant une réponse urgente contribue à son discrédit provoquant la rage des responsables locaux qui attendent près de trois jours avant de voir arriver les premiers bus 61 Ce problème des bus est vivement reproché à la FEMA tout comme le manque de nourriture et d eau dont souffrent tous les Etats Dans le Mississipi des bagarres éclatent entre les survivants pour s approprier des réserves de nourriture entreposées lors d un ouragan précédent Le commandant de la Garde Nationale de l Etat le général Cross demande alors à la FEMA d intervenir pour apporter des vivres supplémentaires Devant l incapacité de l agence à réagir rapidement il s adresse directement au commandement militaire géographiquement compétent pour le territoire des Etats Unis Northcom le lendemain des rations sont livrées en quantité Ce scénario se répète dans d autres lieux de nombreux responsables tout au long de la côte cessant de s adresser à la FEMA et préférant solliciter soit l Armée soit les Etats voisins La Floride vient ainsi en aide au Mississipi envoyant d initiative des équipes de secours organisant une chaîne d alimentation qui inclut la Garde Nationale de la nourriture de l eau des médicaments des moyens de communication et 6000 volontaires qui affluent depuis l ensemble de l Etat Le 31 août 2005 deux jours après la catastrophe de Katrina le directeur des services de secours de la Floride réussit ainsi à ouvrir un centre logistique comprenant équipes de sauvetage eau nourriture affaires de puériculture dans la ville dévastée de Gulfport alors que la FEMA tente encore d y envoyer une simple équipe médicale Pour la Louisiane c est le Texas qui intervient mettant en œuvre 47 abris et préparant l Astrodome de Houston à accueillir un flot de réfugiés du Superdome L Etat envoie ainsi 10 hélicoptères un centre de communications téléphoniques par satellite 50 ambulances 135 docteurs et infirmières 300 policiers militaires 62 Par ailleurs la FEMA s avère incapable de remédier à la paralysie quasi générale des moyens de communications qui perturbe profondément la gestion des premières opérations de secours Au lieu d envoyer un camion MERS à la Nouvelle Orléans pour rétablir les moyens de communications locaux celui ci reste

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  • Monde Livres géopolitiques Transversaux Compil Diploweb Audiovisuel Audio Photo Vidéo Accueil Eric STEIGER Officier supérieur de gendarmerie Biographie mise à jour en 2007 Ancien élève de l Ecole Spéciale militaire de Saint Cyr 1992 1995 Commandant de peloton d intervention à l escadron 31 2 de gendarmerie de Toulouse 1996 1999 Instructeur à l Ecole des Officiers de la Gendarmerie nationale de Melun 1999 2002 Commandant de la compagnie de gendarmerie départementale d Angers 2002 2006 Stagiaire de la 14ème promotion du Collège Interarmées de Défense 2006 2007 Ses articles pour Diploweb com L ouragan Katrina les leçons d un échec Les faiblesses du dispositif de sécurité intérieure des Etats Unis Cette étude donne à réfléchir sur les relations entre risques et société Le 29 août 2005 l ouragan Katrina frappe la côte des Etats Unis provoquant la Direction Directeur P Verluise Conseil scientifique Charte du site Faire un don Devenir membre Auteurs Proposer un article Synergies Présenter le site Conférences Partenaires Participer Proposer une synergie Liens conseillés Archives Retrouvez la chaîne Diploweb sur Union européenne États membres Institutions Pays candidats Russie CEI Russie CEI Amérique Amérique du Nord Amérique centrale Amérique du Sud Asie Chine Inde Zone asiatique Afrique

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  • Le désarroi de la puissance. Les Etats-Unis vers la "guerre (...) - Amérique du Nord
    principes éthiques universels dont Bernard Kouchner fut l un des meilleurs ambassadeurs remettait en question les fondements sur lesquels s appuyaient les relations internationales depuis 1648 Par une ironie qui échappait à la plupart des partisans de cette nouvelle approche le devoir d ingérence affichait en réalité les mêmes objectifs que les traités de Westphalie à savoir la protection des populations civiles Au 17e siècle dans le contexte des guerres de religion le principe de non ingérence avait pour but de prévenir l intervention d un État auprès d une communauté ou minorité religieuse d un autre État de manière à éviter l incitation à la violence Ce principe avait pour but déclaré de protéger les populations civiles Le principe du cujus regio cujus religio où la religion du prince est la religion du peuple permit aux religions catholiques et réformées et à ceux qui les pratiquaient de cohabiter en paix De fait la paix de Westphalie mit un terme aux guerres de religions en Europe Le système westphalien reposait sur un ordre géopolitique homogène où les États concernés d Europe partageaient les mêmes valeurs les mêmes institutions et la même vision d ensemble de la politique Aujourd hui le système international est profondément hétérogène Si les pays ayant le privilège d appartenir à la catégorie des démocraties libérales et industrialisées tiennent les rennes du pouvoir international ils doivent cohabiter avec une multitude de nations plus ou moins démocratiques plus ou moins libres et plus ou moins riches C est cette hétérogénéité politique couplée avec une injustice économique endémique qui rend le monde d aujourd hui aussi chaotique et aussi difficile à appréhender Cette hétérogénéité est à la source de beaucoup de malentendus et de ressentiments C est pour tenter de résoudre les problèmes liés à cette hétérogénéité qu est apparu le phénomène de l ingérence qui essaye de répondre aux crises humanitaires les plus aiguës et tente de résoudre le problème de la mauvaise gouvernance et qu est né le mouvement anti mondialisation C est en partie à cause de cette hétérogénéité que s est développé le terrorisme islamiste C est dans le but d y mettre fin que les Etats Unis ont élaboré leur nouvelle stratégie en propageant le modèle de la démocratie dans le but théorique que l Amérique homogénéise l ensemble de l échiquier géopolitique En pratique cependant cette stratégie au lieu de signaler une rupture progressiste par rapport au système westphalien s est manifestée de manière surprenante par un retour à l anarchie pré westphalienne Une question de culture politico stratégique Les États Unis furent au départ réticents à suivre les règles imposées par le système westphalien qui longtemps se cantonna à l Europe même si plus tard ils poursuivirent une politique réaliste Et cette même réticence resurgit aujourd hui encore alors que les États Unis sont une hyperpuissance car le réalisme politique interdit même aux plus puissants de s ériger en autorité morale universelle Or ce désir omniprésent chez les Américains fait partie intégrante de sa culture politico stratégique On se souvient que George Washington exhortait son pays à tourner le dos aux affaires du vieux monde Dans sa célèbre lettre adressée au peuple américain le premier président des États Unis conseillait ses concitoyens Étendre nos relations commerciales avec les peuples étrangers et établir aussi peu de liens politiques que possible entre eux et nous telle doit être la règle de notre politique Toutefois Washington laissait la porte ouverte à une politique plus active dès lors que les rapports de force changeraient en faveur des États Unis Ainsi dans la même lettre Si nous continuons à former une seule nation régie par un gouvernement fort le temps n est pas loin où nous n aurons rien à craindre de personne Alors nous pourrons prendre une attitude qui fasse respecter notre neutralité les nations belligérantes sentant l impossibilité de rien acquérir sur nous craindront de nous provoquer sans motifs et nous serons en position de choisir la paix ou la guerre sans prendre d autres guides de nos actions que notre intérêt et la justice L autre père de la politique étrangère américaine Thomas Jefferson s opposa moralement aux principes du système westphalien et à sa mise en pratique Et même si Jefferson pratiqua en fin de compte une politique réaliste il ne cessa de penser que les États Unis devraient acquérir un jour la puissance nécessaire pour abolir la tradition westphalienne afin d imposer un code de conduite international plus en rapport avec les règles de bases de l éthique C est ce renversement que tentera d accomplir un siècle plus tard Woodrow Wilson et après lui Jimmy Carter On trouve aujourd hui un écho de ce discours dans les propos du secrétaire à la défense de George W Bush critiquant la veille Europe mais avec les conséquences politiques inverses de celles invoquées par les Pères fondateurs Pour les pères fondateurs le système westphalien était critiquable à la fois sur un plan éthique pour son amoralité et d un point de vue politique parce qu il reposait sur les rapports de forces rapports au départ défavorables aux États Unis Pour ces pères fondateurs et leurs héritiers l Amérique devait apporter autre chose au monde Elle avait même pour devoir d éliminer ce système impropre et le remplacer par quelque chose dont on ne savait pas très bien au départ à quoi il ressemblerait Mais on était d ores et déjà certain qu émanant des États Unis il ne pourrait qu être meilleur Une nouvelle donne Aujourd hui le problème se pose en des termes complètement différents et même directement opposés D abord le système westphalien n est plus Sa dernière incarnation bâtarde et diluée eut lieu lors de la guerre froide dans un contexte d équilibre bipolaire et non plus multipolaire et dans un système géopolitique hétérogène Ensuite les États Unis ont acquis aujourd hui une telle puissance qu un système géopolitique fondé sur les rapports de force ne pourrait lui être théoriquement que

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  • Le projet américain de défense anti-missile - Amérique du Nord
    cela s ajoute à terre des moyens pour les intercepter dans leur phase rentrée dans l atmosphère Les Américains développent alors l idée de se doter non pas d intercepteurs nucléaires mais cinétiques Il s agit de missiles qui frappent directement le missile attaquant et le détruisent par l impact Ce qui renforce encore la complexité du problème technique Il faut que l anti missile puisse intercepter l anti missile dans un espace très limité en une nano seconde Le défi est immense et motive les industries américaines Parce que le projet de la guerre des étoiles est aussi une énorme affaire industrielle Les équipes de recherche des grandes entreprises et les grands laboratoires trouvent là une occasion formidable d aller toujours vers plus sophistiqué Une dynamique On sait que cette guerre des étoiles est restée largement mythique mais elle a permis d injecter 3 5 milliards de dollars par an dans la recherche Progressivement des programmes des études et des savoir faire progressent Ce qui permet en 1995 aux Républicains lorsqu ils obtiennent la majorité au Congrès des Etats Unis de dire au Président Démocrate Bill Clinton La défense anti missile du territoire national doit devenir un objectif prioritaire Nous pouvons la réaliser il faut le faire Parce que nous sommes menacés par des Etats scélérats qui fabriquent des missiles et des armes de destructions massives qui mettent l Amérique en danger Il faut rapidement déployer une défense anti missile Celle ci fonctionne t elle en 1995 Non Les essais montrent qu il s agit de systèmes très compliqués encore loin d être au point Un déploiement précoce ne donnerait aucun résultat significatif Les Républicains objectent alors Il n empêche commençons à déployer continuons à faire des essais le système s améliorera au fur et à mesure A partir de 1996 le Président Bill Clinton 1992 2000 a cherché autant que possible à ralentir ce processus mais pressé par le Congrès déstabilisé par l affaire Monica Lewinski lorsque le républicain Georges W Bush est candidat à l élection présidentielle il promet de construire une défense anti missile du territoire national tout en pratiquant une stratégie législative de retardement Le 11 septembre 2001 accélérateur de l histoire Après les attentats du 11 septembre 2001 jetant des avions civils pleins de kérosène sur des objectifs beaucoup ont pensé que le projet anti missile serait ralenti voire interrompu Bien au contraire l argumentation de la Maison Blanche a été cette fois ci il ne s agissait que d avions avec leur carburant Imaginez ce que cela aurait été avec un missile équipé d une tête biologique ou nucléaire Les attentats du 11 septembre démontrent donc encore plus la nécessité de développer une défense anti missile du territoire national L opinion a massivement adopté ce point de vue Quelques semaines après le 11 septembre 2001 le Président G W Bush déclare que les Etats Unis se retirent du traité ABM Et les Russes ne disent pas grand chose Moscou ne proteste que pour

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  • "Les Etats-Unis hyperpuissance", par O. Frayssé - Amérique du Nord
    prodigieuses dont certains aspects ne sont pas mesurés à leur juste valeur et un système planétaire d une longévité remarquable instauré par les décideurs américains après la Seconde Guerre mondiale et longtemps éclipsé par les obsessions de la guerre froide p 12 Des sigles qui parlent Josef Joffe maître de conférence au Olin Institute for Strategic Studies de Harvard développe cette idée La diplomatie américaine au cours de la seconde moitié de ce siècle a manifesté son génie en construisant des institutions qui servent les intérêts américains tout en profitant à d autres On ne compte plus les sigles et les acronymes made in USA OTAN GATT OCDE PFP Partnership for Peace Alors pourquoi payer la note En garantissant à d autres les avantages de la sécurité en Europe au Moyen Orient dans le Pacifique les Etats Unis ont également fait en sorte d en jouir eux mêmes La stabilité est une rétribution qui se suffit à elle même parce qu elle empêche des évolutions néfastes courses aux armements prolifération nucléaire conflits ouverts qui pourraient mener des tiers encore passifs à s engager L élargissement de l OTAN est certes coûteux pour le contribuable américain mais il est profitable pour la Pologne comme pour les Etats Unis parce que tout ce qui consolide le règne de la démocratie libérale est dans l intérêt de son représentant principal Le renforcement de l Organisation Mondiale du Commerce même quand elle se prononce contre Washington reste positif pour l Amérique parce que c est le plus grand exportateur du monde et que de ce fait personne n a davantage intérêt au libre échange p 31 La roue tourne autour des Etats Unis Ce même auteur construit une intéressante réflexion dont voici un trop court extrait Le jeu planétaire reste bismarckien et cela explique pourquoi le reste du monde ne se mobilise pas contre les Etats Unis Rappelez vous le Kissingen Diktat La métaphore appropriée est celle du moyeu et des rayons Le moyeu est Washington tandis que les rayons sont l Europe occidentale le Japon la Chine la Russie et le Moyen Orient Quel que soit leur antagonisme à l égard des Etats Unis leur lien avec le moyeu est plus important pour eux que ne le sont leurs rapports mutuels Même si l Europe tisse une toile d intégration économique et monétaire qui va s élargissant les axes de la stratégie globale continuent de converger à Washington pp 28 29 L Europe un enjeu majeur Olivier Frayssé observe que dans tous les cas de figure l Eurasie est la clé du contrôle du monde le grand échiquier sur lequel se joue le destin de la planète Toute la politique américaine concernant l Europe la Russie la Chine etc doit s ordonner autour de cette préoccupation p 8 Expert au Center for Strategic and International Studies Zbigniew Brzezinski écrit L Europe est la tête de pont géostratégique fondamentale de l Amérique Pour l Amérique les enjeux géostratégiques sur le continent eurasien sont énormes

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