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  • Le Qatar cherche une influence sur la scène diplomatique (...) - Moyen-Orient
    de l Etat la qatarisation que la volonté du pays de devenir une puissance régionale et une économie du savoir d ici 2030 10 Etre un pays développé permettrait en effet à l émirat de s extraire de ses dépendances envers l étranger qu elle soit démographiques la main d œuvre ou économiques les marchés mondiaux dans le contexte d un affaiblissement des réserves d hydrocarbures De plus même si le Qatar dispose encore de réserves de gaz naturel impressionnantes 11 cette fragilité socio économique se double d une géographie hostile le Qatar subit un fort déficit hydrique se traduisant par l exploitation intensive des zones aquifères fossiles 12 en plus du dessalement de l eau de mer et par une insécurité alimentaire chronique le pays importe 95 de sa nourriture Dans ce cadre l émirat cherche à sécuriser ses importations alimentaires de manière durable et à réduire sa dépendance Ainsi l émirat vient de créer une Alliance mondiale des pays désertiques lors du premier Forum mondial pour la sécurité alimentaire Global Food Security Forum 13 mais surtout il investit massivement en Europe son principal fournisseur de denrées alimentaires de manière à s y rendre indispensable 14 En complément le pays achète de nombreuses terres arables en Afrique et en Asie afin de s assurer une certaine autonomie La société qatarie demeure en outre très conservatrice et sa culture reste étroitement associée à l Islam wahhabite Le Qatar envisage donc de devenir un pôle islamique du XXIème siècle comme le montre le récent musée des arts islamiques de Doha et le leader de l islamisme régional profitant en cela du retrait des deux grandes puissances régionales l Egypte en période post révolution et l Arabie Saoudite où le pouvoir est affaibli par les batailles de succession 15 En conséquence l Islam devient une dimension fondamentale de la politique étrangère du Qatar et l émirat est impliqué dans des médiations politiques concernant des partis islamiques et des pays musulmans voir également l influence du Qatar en Tunisie dans la politique du parti Ennahdha Par ailleurs une politique orthodoxe sur le plan religieux sert aussi la politique intérieur de l émirat en achetant la paix vis à vis d une population très conservatrice Ceci dans un pays paradoxalement de plus en plus ouvert sur le monde La politique étrangère du Qatar est ainsi structurée par les grands axes que sont l Islam l influence médiatique avec la chaîne Al Jazeera les investissements financiers massifs en Europe et aux Etats Unis la sécurité alimentaire et les médiations régionales Commencée à la fin des années 1990 et montée en puissance au cours des années 2000 cette politique d influence a bénéficié de conditions favorables aux revenus exponentiels du gaz naturel il faut ajouter des conditions régionales nouvelles l Égypte est paralysée la Syrie vit une guerre civile l Irak sort d une occupation qui se traduit par des luttes confessionnelles tandis que l Arabie saoudite est affaiblie par le manque de renouvellement de ses dirigeants L importance de la conjoncture des conditions favorables à l influence qatarie La conjoncture actuelle renforce le rôle du Qatar à la fois par l affaiblissement des forces traditionnelles du Moyen Orient par l émergence d intérêts communs avec l Arabie Saoudite mais aussi par le rôle d intermédiaire que les Etats Unis lui donnent Durant les décennies 1990 et 2000 le Moyen Orient a vécu un affaiblissement des grands Etats au bénéfice de nouveaux acteurs régionaux plus modestes renforcés par leur puissance financière ou leur dynamisme économique Ces nouveaux acteurs dont le Qatar ont alors pu prendre la main avec l approbation implicite des Etats Unis Comme le rappelle Mohammed El Oifi Les accords de Camp David signés par l Egypte en 1978 l appel aux troupes américaines par l Arabie saoudite en 1990 et la défaite de l Irak en 1991 ont fortement réduit la capacité de ces Etats à prétendre diriger la région 16 Affaiblis ces acteurs traditionnels ont donc laissé un espace d influence à de nouveaux arrivants Or depuis les printemps arabes la situation s est amplifiée comme le montre l exemple syrien Dans ce cas le Qatar profite du vide laissé par les autres pays arabes L Egypte notamment accaparée par les suites de sa révolution mais aussi l Arabie Saoudite en retrait sur le dossier qui laisse agir l émirat car les deux Etats se retrouvent sur une politique de grande fermeté à l égard du régime syrien notamment dans le cadre de la Ligue Arabe La crise syrienne révèle ainsi que depuis peu dans le contexte des printemps arabes et notamment au sein du Conseil de coopération du Golfe CCG le Qatar et l Arabie Saoudite se retrouvent sur de nombreux points C est également le cas pour le Bahreïn où ni le Qatar ni l Arabie Saoudite ne souhaitaient que la famille royale ne soit déstabilisée car cela aurait été prendre le risque de voir l Iran renforcer son influence sur la rive ouest du Golfe Persique d ailleurs la dure répression de février et mars 2011 a été absente des écrans d Al Jazeera Cependant si le Qatar est un allié important des Saoudiens dans la mise en place d un arc sunnite 17 l Arabie Saoudite attend du Qatar qu il ne dépasse pas certaines limites comme dans la crise yéménite Inversement dans la mise en place de cet arc sunnite au sein duquel la Syrie alaouite sortirait de l influence chiite pour redevenir sunnite le Qatar avance sur une ligne de crête consistant à se mettre du côté de la rue arabe tout en ne froissant pas son puissant voisin de l Est La tentative d influence régionale du Qatar soft power passant par la médiation ou l éducation 18 se double cependant d une nécessaire puissance et d un hard power obtenu par procuration C est dans cette optique que le rapprochement avec les Etats Unis est à replacer dès la fin des années 1990 puis

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  • Arabie saoudite: hydrocarbures, gaz, pétrole... et géopolitique - Moyen-Orient
    à l Iran qui n est qu à 200 kilomètres La région qui était en 1913 considérée par Abd el Aziz el Saoud 4 comme une oasis riche en dattes est aujourd hui un centre industriel vital pour le royaume saoudien La conurbation Dhahran al Khobar autour de la ville de Dammam est l une des principales places commerciales du royaume saoudien avec Riyad et Djeddah Le port pétrolier de Jubail est un des principaux pôles de développement industriel du royaume au même titre que le port de Yanbu sur le bord de la mer Rouge Au total l Arabie Saoudite bénéficie de 21 ports modernes qui participent chacun à des degrés divers à l activité maritime du royaume 5 Néanmoins il apparaît clairement que 9 ports gèrent le gros des activités commerciales et pétrolières Sur ces infrastructures 4 se trouvent sur la côte orientale et 5 sur la côte occidentale un équilibre apparent qui doit toutefois être ramené à la longueur des deux façades maritimes 550 kilomètres environ pour la première et plus de 2000 pour la seconde La présence massive de gisements pétroliers dont le plus grand du monde portant le nom de Ghawar et la présence de la plus grande raffinerie de la région à Ras Tanura a donc logiquement entraîné la construction d une infrastructure portuaire plus dense sur la côte orientale que sur le bord de la mer Rouge qui ne compte aucun gisement pétrolier Une stratégie d implantation nationale l exemple des raffineries En analysant l implantation géographique des principales raffineries du royaume il apparaît là aussi qu un certain équilibre est de mise en comparant le nombre de raffineries 4 au bord de la mer Rouge et 3 sur la côte du golfe Arabo Persique L argument énoncé précédemment qui postule que les deux façades maritimes ont des ordres de grandeurs différents est là aussi valable Il faut également ajouter que les raffineries de l est du pays ont à l image de celle à Ras Tanura des capacités de raffinage supérieures à celle à l ouest du royaume De plus il peut paraître surprenant de compter 2 raffineries à Yanbu et 2 à Djeddah alors qu il n y a de gisements pétroliers ni dans la partie ouest du pays ni même dans le centre ouest Pour comprendre ce besoin de raffineries à l ouest de l Arabie Saoudite il faut remonter au début des années 1980 lorsque le pays a mis en service l oléoduc Petroline long de 1 200 kilomètres qui s élance de la zone pétrolifère à l est et se jette vers la mer Rouge plus précisément au port de Yanbu Un axe Est Ouest dans l aménagement du territoire La construction d un oléoduc traversant l Arabie Saoudite d est en ouest offrait et offre toujours des avantages multiples Dans un premier temps l apport pétrolier dans une région qui n en bénéficiait pas à l origine permet à une échelle locale de mieux diviser les revenus

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  • « Jundallah », « les Soldats d’Allah ». Racines et influences - Moyen-Orient
    fondateur et leader du Jundallah Abdel Malik Rigi a d ailleurs été formé à la mosquée Binori C est dans cette même mosquée que nombre de Taliban et de djihdistes pakistanais ont été endoctrinés 5 Si on ne peut pas associer directement Al Qaïda et le Jundallah avec les sources accessibles on sait malgré tout que le groupe a des liens avec les Taliban pakistanais combattant Islamabad Ils ont également des relations avec le Lashkar e Jhangvi un mouvement terroriste anti chiite frappant au Pakistan 6 Les liens avec les Taliban afghans semblent clairs également la naissance du mouvement se fait post 2001 une fois que les combattants baloutches du mollah Omar sont revenus au pays après la chute du régime tenu par les Taliban Ces liens avec les forces les plus extrémistes d Asie du Sud expliquent leurs tactiques de terreur au sens propre Il s agit ainsi du premier groupe ayant usé de la décapitation contre des représentants des forces de l ordre iranien pour mieux marquer les esprits A partir de 2008 ils ont introduit l utilisation de l attentat suicide en territoire iranien En mai 2009 le Jundallah s est directement impliqué dans une logique de guerre sectaire un attentat a frappé une importante mosquée chiite de Zahedan la capitale du Sistan O Baloutchistan pendant la prière du soir 19 personnes sont mortes et 60 ont été blessées 7 Certes par la suite le leader du groupe Rigi a été capturé Mais si le groupe a été décapité il n a pas disparu loin de là En fait en décembre 2010 on a encore eu la preuve de la force de frappe sanglante du groupe même sans Rigi à sa tête Deux attentats suicide ont visé une procession religieuse chiite dans le port de Chabahar et ont fait au moins 40 morts 8 De fait le groupe bénéficie encore d une situation locale et régionale assez favorable pour continuer à exister Quelles influences extérieures Cette analyse ne serait pas complète sans réfléchir aux possibles influences extérieures face au phénomène Jundallah Certes très clairement le groupe terroriste est d abord né de tensions locales et régionales On ne peut pas considérer le groupe comme une créature inventée par des forces hostiles à Téhéran Malgré tout on connaît les tensions parfois sanglantes entre l Iran d une part et les Etats Unis Israël ou d autres acteurs On ne peut pas nier que l idée d une utilisation par des forces extérieures des ennemis intérieurs de l Iran puisse être considéré de bonne guerre Nous allons donc passer en revue les différents suspects et mettre en avant ce que la littérature ouverte nous dit de leur implication A la question Les Occidentaux soutiennent ils le Jundallah on peut répondre Probablement non Ici quand on parle d Occidentaux on pense en fait en premier lieu aux Américains Il est très probable que ces derniers mènent des actions clandestines en Iran Des ordres exécutifs signés fin 2004 et en 2005 par le président G W Bush ont donné au Pentagone la possibilité de mener des actions clandestines sans passer par la CIA Et donc sans possibilité de contrôle de la part du Congrès Les opérations secrètes menées par des services américains sont généreusement dotées à cette période et on sait qu elles ont eu lieu 9 De même selon certains analystes il y aurait eu prise de contact avec le Jundallah mais uniquement dans le cadre d une collecte de renseignements Selon Robert Baer par exemple cela n est pas allé plus loin le groupe se montrant vite incontrôlable et surtout dangereusement proche d Al Qaïda 10 A partir de là les informations ouvertes nous amènent à penser que Washington a fait en sorte d éviter à tout prix tout contact avec les djihadistes baloutches Quoi qu on pense des Américains ils sont tous comme les Iraniens d ailleurs des acteurs relativement rationnels sur ce dossier soutenir le terrorisme en Iran amènerait le régime à revenir à ses vieux démons et à soutenir le tourisme transnational contre les Etats Unis et ses alliés Mais tout le monde n est pas aussi prudent il semblerait que les Israéliens aient utilisé le Jundallah dans leur lutte contre le régime iranien 11 Des memos de la CIA tendent à prouver que des membres du Mossad les services secrets israéliens se sont fait passer pour des agents de la CIA Ils ont utilisé cette couverture pour recruter des membres du Jundallah Plusieurs officiels liés aux services de renseignements américains encore actifs ou à la retraite ont confirmé les informations livrées par ces documents On a déjà vu les services israéliens travailler avec une autre force considérée comme terroriste le MEK ou Moudjahidine du Peuple Ces derniers auraient travaillé ensemble notamment pour assassiner les scientifiques nucléaires iraniens 12 Les informations de la CIA dévoilées par le journal Foreign Policy n ont donc en soi rien d étonnant Israël joue une partition à court terme pour obtenir des gains rapides dans sa lutte indirecte contre Téhéran Le problème de cette approche est qu elle finance un groupe djihadiste potentiellement dangereux au delà de l Iran Et cette façon de procéder ne peut qu avoir des répercussions régionales et nourrir le complotisme et l anti américanisme autant en Iran qu au Pakistan et dans les pays alentours Car même si les Américains sont responsables des questions restent sans réponse comme pourquoi les Américains n ont ils pas stoppés leurs alliés israéliens Il s agissait d abord d inertie politique Mais pour les Pakistanais les Iraniens les Moyen Orientaux hélas cela ressemble à une division des tâches entre Occidentaux qui a un impact diplomatique désastreux L influence extrémiste sunnite venant notamment de la péninsule arabique On sait également que le groupe extrémiste est proche des Taliban notamment de la variation pakistanaise de cette mouvance Indirectement l influence extrémiste sunnite venant notamment de la péninsule arabique est donc également responsable ici on ne fait que retrouver une énième conséquence

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  • Stratégie. L'Iran est-il le grand gagnant de la guerre en (...) - Moyen-Orient
    partenaires Par ailleurs un premier accord d exportation de gaz iranien en direction de l Irak pour la production d électricité a été signé en septembre 2011 Quant aux questions sécuritaires les Gardiens de la révolution Pasdarans ont développé des relations avec un certain nombre de milices irakiennes Mais au delà de ces questions les Pasdarans et surtout la Division Qods Jérusalem chargée des interventions extérieures de la milice sont les véritables gestionnaires de la politique irakienne de Téhéran plus que le ministère des affaires étrangères Les deux ambassadeurs nommés depuis 2003 sont des membres de cette Division Dans le contexte du retrait des forces américaines Téhéran et Bagdad envisagent de développer leur coopération en matière de sécurité Enfin sur le plan religieux une partie du clergé chiite irakien est proche du clergé au pouvoir en Iran Toutefois de nombreux dignitaires chiites d Irak n adhèrent pas au concept du Velayat e faqih tutelle du juriste théologien sur lequel se fonde l édifice du régime iranien construit par l ayatollah Khomeiny C est notamment le cas du plus important d entre eux le grand ayatollah Ali al Sistani qui dirige le prestigieux séminaire religieux Hawza de la ville sainte chiite de Nadjaf II Opportunités Le retrait américain d Irak représente à la fois des opportunités et des risques pour l Iran Parmi les opportunités le premier et sans doute le plus important effet est l éloignement des forces armées américaines du territoire iranien et des frontières ouest du pays Depuis les interventions occidentales en Afghanistan et en Irak les Iraniens avaient l impression d un encerclement par les forces américaines et celles de l OTAN forces présentes aussi en Turquie dans les eaux du golfe Persique et au Caucase à travers les coopérations mises en place avec des pays comme l Azerbaïdjan ou la Géorgie Le retrait d Irak représente un premier pas dans l allégement de la présence directe des forces de Washington Il devrait être complété par le départ annoncé pour 2014 des forcées armées étrangères présentes en Afghanistan Quant à la zone du golfe Persique rien pour le moment ne semble indiquer une volonté de retrait bien au contraire après l Irak un redéploiement américain dans cette région semble plus que probable L autre avantage pour l Iran est le renforcement de ses possibilités d influence en Irak une fois disparu l obstacle américain Le retrait de Washington laissera le champ libre à toutes les activités iraniennes Cette situation ouvre même la perspective de l établissement si nécessaire d une sorte d axe Téhéran Bagdad au moment où l axe Téhéran Damas bat de l aile suite à la crise syrienne Mais si le régime de Bachar al Assad parvient à se maintenir l Irak tout en restant un atout dans la politique iranienne face au pays membres du Conseil de coopération du Golfe pourrait aussi devenir une des composantes de la politique iranienne au Levant qui formerait désormais un ensemble territorial compact contigu à l Iran

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  • Les relations saoudo-américaines à travers le prisme du "printemps (...) - Moyen-Orient
    évoque un état de tension crispation lors de sa visite à Riyadh Parmi les sujets de discussion il y avait notamment le maintien des engagements commerciaux dont le contrat militaire de 60 milliards de dollars 5 qui assez curieusement était un sujet central de cette rencontre Se sentant pris de court par les décisions politiques saoudiennes les responsables américains ont entrepris une médiatisation sur le fait que Robert Gates savait dès le samedi soit un jour avant que l Arabie Saoudite allait intervenir à Bahreïn L Arabie Saoudite et la crainte du scénario à l égyptienne Avec cette intervention il se pourrait bien que le printemps arabe se soit transformé en automne pour les relations saoudo américaines puisque les dissensions entre les deux alliés sont apparues avec force à cette occasion De plus la monarchie saoudienne avait assisté avec inquiétude au lâchage du chef de l État égyptien allié fidèle des États Unis depuis trois décennies Durant le mois de janvier 2011 des rumeurs insistantes annonçaient l arrêt des aides américaines à l Égypte Le 29 janvier 2011 le roi Abdallah se serait entretenu avec le président Obama et aurait annoncé être prêt à verser les 1 3 milliards de dollars que le gouvernement égyptien allait perdre Le 10 février soit la veille de la chute de Moubarak le ministre des affaires étrangères saoudien Saoud al Fayçal s emportait lors de sa visite au Maroc contre les ingérences de certains pays dans les affaires de l Egypte Il s est déclaré choqué que certains devancent même les souhaits du peuple égyptien Son homologue marocain Taieb Fassi Firhiqui a approuvé ces propos Toutefois aucun des deux ministres n a nommément cité les pays visés néanmoins tous les journalistes présents ont compris qu il s agissait des États Unis Après la chute de Moubarak un évènement particulièrement important a eu lieu le 22 février 2011 Il s agit de l arrivée de navires de guerre iraniens en Méditerranée Toutefois une information passée inaperçue mérite d être relevée ces navires auraient effectué deux mouillages précédents leur entrée dans le canal de Suez l un en Oman et l autre à Djeddah en Arabie Saoudite Cet événement est tout à fait surprenant d autant plus qu il s agit de la première fois qu un port saoudien est accessible pour un navire de guerre iranien Cet épisode survient à peine dix jours après le départ forcé du président égyptien la coïncidence est troublante et il convient dès lors d analyser cette décision saoudienne comme un message politique aux États Unis Cette hypothèse semble s être confirmée puisque quelques jours après cette affaire le chef d état major des armées des États Unis a entrepris une tournée discrète 6 dans la péninsule arabique Officiellement il s agissait d évoquer les capacités militaires iraniennes dans l éventualité de perturbations dans le détroit d Ormuz Cette visite dans la région qui pourrait très bien avoir pour objectif de maintenir le contact avec l Arabie Saoudite l a

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  • Le Yémen en crise. Essai d’analyse géopolitique - Moyen-Orient
    les armes et s emparèrent de plusieurs districts des provinces d Al Jawf et de Mareb Depuis le 22 mars 2011 ils contrôlent Saada Quant aux autres tribus et clans leur soutien fut littéralement acheté par les républicains qui leur distribuèrent armes et subsides durant la guerre civile puis instaurèrent après leur victoire un tribalisme d État 1 Ainsi les cheikhs virent leur pouvoir arbitral traditionnel renforcé par leur rôle d intermédiaires entre le gouvernement et leurs tribus notamment pour la redistribution d une part de l argent versé par Sanaa Au premier plan s affirment la confédération des Hashid dirigée par la famille al Ahmar et la confédération des Bakil Mais depuis son accession au pouvoir 1978 le président Saleh favorise la tribu Sanhan de la confédération Hashid notamment son clan les Afaash Pour ce qui le concerne en dépit de l objectif politique proclamé et prétendument atteint le socialisme le Sud demeura lui aussi très influencé par les solidarités tribales comme le mit crûment en lumière la guerre civile de 1986 Une ré unification problématique Le 22 mai 1990 une médiation irakienne déboucha sur l unification des deux États antagonistes fruits de la colonisation la République arabe du Yémen proclamée au Nord en 1962 après l abolition de la théocratie dont la capitale se trouvait à Sanaa et la République démocratique et populaire du Yémen héritière de la Fédération d Arabie du Sud créée la même année avec Aden pour capitale Uni sous l imamat zaydite depuis le IXe siècle le Yémen avait perdu Aden au profit des Britanniques en 1839 puis ses provinces côtières passées aux mains des Turcs et des Anglais entre 1849 et 1905 En 1918 le Nord recouvra l indépendance tandis que le Sud demeura sous contrôle britannique jusqu en 1967 Ayant choisi des orientations politiques et des alliances radicalement opposées les deux pays connurent une tension permanente de nombreux accrochages frontaliers et même deux guerres octobre 1972 puis mars 1979 La question des relations avec Aden occupa une place centrale dans la vie politique tumultueuse et passablement sanglante de Sanaa Ainsi rien d étonnant à ce que la coexistence entre les deux parties du Yémen soit complexe et conflictuelle Les habitants du Sud s estimèrent perdants dans la ré unification de 1990 et se révoltèrent en 1994 du 5 mai au 7 juillet En quelques mois les forces venues du Nord écrasèrent la rébellion Depuis lors le mécontentement va croissant les Nordistes accaparent le pouvoir les postes dans l armée et la fonction publique des dizaines de militaires et de fonctionnaires sudistes furent mis à la retraite d office ainsi que les biens nationalisés avant 1990 Les Sudistes dénoncent également des pratiques discriminatoires dans l accès à l université ou aux emplois et dans le déroulement des carrières ou la redistribution des revenus tirés du pétrole dont une part des gisements se trouve dans la partie méridionale du pays et dont une part de la production est exportée par Aden Enfin les autorités restaurèrent ou renforcèrent les mécanismes tribaux pour tenter de reprendre le contrôle de la population d une part en s imposant comme l arbitre indispensable dans les vendettas d autre part en achetant la loyauté de cheikhs rétablis ou confortés dans leur autorité À partir de 2007 des assemblées intertribales et interprovinciales se sont tenues en dehors du pouvoir et ont décidé de renoncer aux vendettas pour réaliser l union contre la politique du gouvernement Depuis lors sous la direction d Al Harak Al Janouby le Mouvement du Sud animé notamment par le général Ali Mohammed Assadi l agitation résolue mais non violente n a pas cessé contestant non pas l unification elle même mais ses modalités Elle prend de l ampleur depuis le début du mouvement réclamant la démission du président Saleh en janvier 2011 En dépit de l existence d une Commission nationale suprême pour l indépendance du Sud présidée par le très respecté général Nasser al Nouba l espace national ne semble pas menacé de fragmentation courant juin 2011 Mais il paraît urgent de réformer les institutions pour modifier la répartition du pouvoir et des ressources entre ses différents sous ensembles Alors que les conseils locaux ou de communautés prolifèrent depuis janvier 2011 que la majorité des membres du mouvement Al Harak Al Janouby semblent réclamer désormais le retour à l indépendance et qu un mouvement sécessionniste désireux de restaurer l ancien sultanat travaille la province de l Hadramaout bien dotée en hydrocarbures et disposant du terminal d Ash Shihr certains Sudistes évoquent une solution fédérale Option d ailleurs esquissée le 2 février 2011 lorsque le président Saleh proposa que les gouverneurs des provinces soient désormais élus Le constat établi en 1999 demeure valable le pays apparaît plus aujourd hui comme la prolongation de la République Arabe du Yémen que comme une tentative originale de fusion des régimes de Sanaa et d Aden 2 Avec l ajout d un facteur aggravant la dérive patrimoniale du régime du président Saleh détonateur de la contestation démarrée en janvier 2011 Toutefois l opposition au pouvoir monopolisé par le Congrès général du peuple se caractérise par une grande hétérogénéité À côté des jeunes gens éduqués et en grande partie chômeurs des centres urbains Sanaa Aden Taiz la capitale intellectuelle en premier lieu inspirés par les mouvements tunisien et égyptien de l hiver 2010 2011 se dressent les Sudistes au demeurant divisés nous l avons vu les houthistes des cheikhs conservateurs dont l autorité sur leurs tribus est amoindrie par la baisse des subsides versés par le gouvernement aussi et peut être surtout la puissante famille al Ahmar qui soutint de 1978 à 1997 le président Saleh et dirige le parti islamo tribal al Islah créé en 1990 depuis 2006 pilier avec les socialistes de l opposition parlementaire au Congrès général du peuple Sans oublier le rôle de l armée elle même divisée Un élément de la stabilité régionale Le pays avait des contentieux frontaliers avec ses trois voisins Oman bornage incomplet l Arabie Saoudite contrôle de zones aquifères et pétrolières et l Érythrée possession des îles Hanish clé de l accès à la mer Rouge Finalement la diplomatie l emporta accord de 1992 avec Oman arbitrage de la Cour internationale de justice rétablissant en 1998 la souveraineté de Sanaa sur les Hanish traité de 2000 avec Riyad Situé au sud de la péninsule Arabique le Yémen occupe une position de carrefour stratégique majeur entre l Asie l Afrique et la mer Méditerranée qui en fait un enjeu régional Ainsi lorsque en septembre 1962 le général Abdallah al Sallah renversa l imam al Badr et proclama la république la guerre civile qui s ensuivit suscita immédiatement l ingérence de certains États de la région Elle impliqua du côté monarchiste l Arabie Saoudite et la Jordanie tenants du maintien de l ordre établi dans la région tandis que l Égypte soutenait ceux qui se présentaient comme des progressistes Nasser se retrouva enlisé dans un conflit qui mobilisa jusqu à 70 000 soldats égyptiens La défaite arabe face à Israël en juin 1967 contraignit le Raïs à retirer ses troupes ce qui entraîna l arrêt de l ingérence jordano saoudienne L Arabie Saoudite amputa le territoire de l imamat zaydite une partie de l Assir en 1921 le reste de l Assir ainsi que les régions de Najran et de Jizan en 1934 Cela explique le sentiment anti saoudien assez répandu au Yémen sauf dans un certain nombre de familles sunnites rigoristes et liées financièrement à la monarchie saoudienne comme la famille al Ahmar qui garantit l accord signé en 2000 qui entérinait ces annexions Riyad implanta un réseau d écoles religieuses salafistes en vue d éliminer l hérésie zaydite Il se pourrait que l Arabie Saoudite vise la province de l Hadramaout dont les réserves pétrolières viendraient compléter celles du royaume et dont la côte offrirait à Riyad une façade sur l Océan Indien Peu désireuse de voir un voisin pauvre presque aussi peuplé qu elle devenir une menace l Arabie Saoudite œuvre constamment ouvertement ou discrètement à l affaiblissement du Yémen Ibn Saoud le bâtisseur de la puissance qui porte son nom aurait recommandé à ses successeurs de toujours entraver le Yémen L Arabie Saoudite vit donc d un très mauvais œil la réunification de 1990 L on peut d ailleurs penser que Saddam Hussein artisan de cette fusion entendait bien créer un problème à Riyad Fin 1990 mécontente de l attitude peu amicale de Sanaa à son endroit face à la menace irakienne l Arabie Saoudite supprima son aide financière et renvoya 800 000 travailleurs yéménites chez eux Depuis elle continue à faire feu de tout bois pour limiter les capacités de son voisin Ainsi la retrouva t on derrière la révolte des Sudistes pourtant emmenés par l ancien communiste Ali Salim al Baidh en 1994 tandis que parallèlement elle finance le parti islamiste al Islah issu des Frères musulmans créé en 1990 d Abdallah Hussein al Ahmar puissant parmi les membres des turbulentes tribus du Nord La guérilla houthiste active depuis 2004 s appuie sur la complicité de la tribu des Qairis qui vit de part et d autre de la frontière yéméno saoudienne L intervention ouverte des forces de Riyad entre novembre 2009 et février 2010 visait à préserver l intégrité territoriale et la sécurité de l Arabie Saoudite Celle ci redouterait le soulèvement des tribus frontalières et les infiltrations d éléments hostiles Bref si elle ne souhaite pas le bien du Yémen elle ne veut toutefois pas que celui ci devienne une source de déstabilisation Cela l amène à jouer un jeu complexe et ambigu qui rappelle celui du Pakistan en Afghanistan Riyad voit la main de son rival religieux et régional l Iran derrière la révolte houthiste Rien ne permet de l affirmer mais ce n est pas invraisemblable si l on se réfère par exemple au discours de soutien prononcé par le président du Parlement iranien Ali Larijani en 2009 À l instar du Hezbollah libanais ce mouvement ne serait il pas en passe de s emparer d une bande de terrain avec accès à la mer qui en ferait un instrument de déstabilisation de l Arabie Saoudite Cependant le shiisme des zaydites se dissocie largement du shiisme duodécimain des Iraniens voire s y oppose sur certains points en particulier leur imam de référence est le cinquième Zayd En outre l Iran a ses propres populations séparatistes Baloutches Kurdes Azéris qu il ne serait certainement pas difficile à une puissance aussi riche que l Arabie Saoudite de soulever Ce qui inciterait plutôt Téhéran à la prudence d où peut être sa discrétion depuis le début de la crise De loin le pays de la région le plus amical envers le Yémen l émirat du Qatar essaie de jouer les médiateurs dans la guerre contre les houthistes Ces bons offices s inscrivent dans sa tentative de réduire l influence de Riyad au sein du Conseil de coopération du Golfe Les éphémères traités de février 2008 et d août 2010 furent signés sous son égide L Arabie Saoudite ne manqua d ailleurs pas de dénoncer sans produire de preuve convaincante une collusion entre Doha et Téhéran Depuis le début de la contestation politique le Conseil de coopération des États arabes du Golfe Arabie Saoudite Émirats arabes unis Oman Qatar Koweït Bahreïn procède à des tentatives de médiation En effet le Yémen peut menacer la sécurité de la Péninsule Arabique de deux manières en devenant le bastion d où al Qaïda pourrait déstabiliser les régimes en place en relançant les revendications des minorités shiites si les houthistes l emportaient Mais le président Saleh s est joué de ses interlocuteurs et a dénoncé tous les compromis négociés depuis avril 2011 avec le Conseil de coopération du Golfe Le rejet de celui du 22 mai 2011 donna le signal de l offensive lancée à Sanaa le 23 mai 2011 par les forces gouvernementales contre le palais de la famille al Ahmar où des centaines de chefs tribaux étaient réunis pour organiser une médiation La crédibilité du Conseil de coopération du Golfe s en trouve considérablement amoindrie mais ce dernier demeure néanmoins l instance la mieux à même de négocier une issue pacifique comme le montre la reprise des discussions sous son égide en juin 2011 Une possible zone grise Sa position de carrefour stratégique majeur érige également le Yémen en enjeu international Les Britanniques l avaient observé très tôt et ils firent du port d Aden l un de leurs principaux points d appui entre 1839 et 1967 Pour disposer d une position leur permettant d agir dans l océan Indien où se trouve depuis 1966 une base américaine essentielle Diego Garcia les Soviétiques entretinrent d étroites relations avec la République démocratique et populaire du Yémen traité d amitié et de coopération signé en 1979 et leur flotte de guerre fut présente à Aden jusqu en 1990 Le Yémen voisine la plus importante concentration mondiale de pays producteurs exportateurs de pétrole Il partage avec l Arabie Saoudite 1 458 kilomètres d une frontière pratiquement incontrôlable comme le montre la tentative avortée de construction d un mur de séparation en 2004 Sur la mer Rouge le détroit de Bab el Mandeb et le Golfe d Aden il dispose d une grande façade maritime 1 906 kilomètres fort mal surveillée et infestée de pirates au large de laquelle transitent 3 000 000 de barils de pétrole par jour et une part importante du commerce international Il se trouve à proximité de vastes zones grises régions contrôlées par des tribus États faibles ou faillis comme la Somalie le Soudan l Irak le Pakistan ou l Afghanistan Le défaut de surveillance efficace permet des allées et venues aisées entre certaines régions reculées du pays et ces lieux de crise ou de guerre L effondrement de l État un État au demeurant encore embryonnaire n est pas encore consommé au Yémen mais il semble en bonne voie si l on peut dire Savoir à quelle distance de la faillite complète il se trouve apparaît comme un débat oiseux Ce qui importe c est l instabilité qui menace de l emporter comme la crise ouverte le 27 janvier 2011 le montre Dans cette hypothèse sur la majeure partie près de 6 000 kilomètres de la bande qui s étend de Mogadiscio à Gwadar se trouverait le plus long et le plus dangereux littoral gris de la planète Une base terroriste Alors qu al Qaïda recule en Arabie Saoudite et en Irak semble contenue dans l espace saharo sahélien et se trouve soumise à une très forte pression en Afghanistan et au Pakistan responsables et experts de la lutte antiterroriste envisagent que le Yémen devienne son nouvel épicentre La situation du pays offre plusieurs caractéristiques susceptibles d étayer cette crainte Terre de foi rigoriste le Yémen a fourni un important contingent de combattants au djihad international depuis la guerre d Afghanistan en 1979 Près de la moitié des prisonniers regroupés par les Américains à Guantanamo après les attentats de 2001 étaient de nationalité yéménite par exemple Fin 1989 le président Saleh et l Arabie Saoudite commanditèrent des actions militaires menées contre le régime socialiste du Sud à partir des montagnes de la province d Abyan par des djihadistes que commandait Tariq al Fadhli un vétéran d Afghanistan Ces forces participèrent également à la répression de l insurrection sudiste en 1994 Entité non étatique criminelle al Qaïda procède de façon opportuniste La présence d un pouvoir faible et discrédité par la corruption d une rébellion au nord d un mouvement protestataire au sud ainsi que l éruption récente d une contestation plus générale contre la pauvreté et le chômage expliquent qu elle ait jeté son dévolu sur le Yémen et tente d en faire sa nouvelle place forte Ajoutons l intérêt stratégique du pays son relief propice à la guérilla comme à la sanctuarisation de camps et la prégnance des tribus qui pratiquent un code de l honneur sacralisant l hospitalité Tout cela présente une troublante ressemblance avec le havre pachtoun d Afghanistan perdu en 2001 par ben Laden Enfin certains analystes pensent que l objectif principal d al Qaïda serait la conquête ô combien emblématique des Lieux Saints de La Mecque et de Médine voire de l Arabie Saoudite tout entière La base yéménite serait alors la plate forme idéale et l on comprend la nervosité de Riyad surtout après la tentative d assassinat perpétrée en août 2009 contre le prince Mohammed Bin Nayef chef de la lutte antiterroriste dans le royaume Autre pays préoccupé les États Unis dont la sécurité et les intérêts sont menacés au premier chef par l emprise d al Qaïda Toutefois Washington mena une politique inconstante qui contribua à la dégradation de la situation après l attentat contre l USS Cole à Aden septembre 2000 17 militaires américains tués la coopération antiterroriste fut assez efficace entre 2000 et 2003 mise à l écart d officiers proches des islamistes comme le général Ali Mohsen et refonte de l appareil de sécurité sous la direction de membres de la famille Saleh Après l invasion de l Irak l administration de G W Bush fit preuve comme en Afghanistan de négligence entre 2003 et 2008 Or durant ces années le président Saleh donna la priorité à la conservation de son pouvoir donc à la familialisation de l appareil de sécurité ainsi qu à la lutte contre les houthistes et les sudistes tandis que la cellule yéménite d al Qaïda à partir de février 2006 se réorganisait sans être inquiétée Peut être avec la complicité des autorités yéménites dont la mollesse sinon l entente avec la Base s expliquerait par leur tentative de mobiliser l antishiisme des dijhadistes dans leur lutte contre les houthistes Il ne semble par ailleurs pas impossible que le président Saleh ait temporisé pour prolonger et amplifier la rente stratégique versée par les Américains et livrée à son entière discrétion Ajoutons que même

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  • Population de Gaza : une prospective géopolitique - Moyen-Orient
    arabes peut être estimé autour de 25 000 l ensemble des arabes vivant dans la Palestine mandataire comptent davantage de naissances que les Israéliens non arabes ce que le Bureau central de statistiques d Israël dénomme la population juive étendue regroupant les Juifs les Chrétiens non arabes et les individus sans religion déclarée pour la distinguer de la population arabe vivant en Israël En partant de la connaissance de la population de Gaza et en considérant les perspectives démographiques possibles établissons des scénarios géopolitiques Certes l avenir géopolitique ne dépend pas exclusivement du paramètre démographique Néanmoins ce dernier n est nullement neutre 4 et toute réflexion prospective sur l avenir de ce territoire qui l ignorerait serait sans valeur Cela justifie d élaborer différents scénarios pour essayer de comprendre comment les évolutions démographiques à Gaza sont susceptibles d influencer les acteurs géopolitiques Il s agit bien entendu de scénarios simplifiés dans la mesure où ils examinent essentiellement les éventuelles conséquences géopolitiques des dynamiques naturelles de la population de Gaza sachant que les relations entre géodémographie et géopolitique sont en interaction Sous ces réserves trois scénarios peuvent être proposés le scénario coréen le scénario du statu quo et le scénario du développement humain durable dans un contexte géopolitique apaisé L alternative du scénario coréen entre guerre et marche verte Ce scénario projette pour Gaza le maintien d une fécondité anormalement élevée par rapport aux logiques de la transition démographique donc par comparaison avec ses taux de mortalité infantile et maternelle qui sont faibles et même plus faibles que dans nombre de pays arabes Dans ce cas et sauf forte émigration vers les pays du Golfe la Libye l Europe ou l Amérique du Nord la croissance démographique de Gaza demeurerait très élevée Non seulement sa population doublerait environ tous les vingt ans mais ce rythme aurait tendance à s accélérer En effet les générations féminines arrivant en âge de procréer seraient de plus en plus nombreuses sous l effet de l héritage de la forte fécondité passée La combinaison de cette augmentation avec une fécondité élevée entraînerait un nombre toujours plus accru de naissances À moyen terme Gaza parviendrait à un nombre de naissances supérieur à celui de la Cisjordanie La densité de Gaza augmenterait considérablement passant de 3 947 habitants km2 en 2008 à plus de 8000 habitants km2 avant la fin des années 2030 En se plaçant dans une hypothèse de tension géopolitique perdurant cette masse démographique pourrait être utilisée à des fins géopolitiques selon deux options possibles Une première consisterait en la militarisation des nombreuses jeunes générations de grands adolescents et d adultes pour les inciter à combattre contre le pays voisin considéré comme leur ennemi Une seconde option consisterait à utiliser la masse démographique de façon pacifique sous des drapeaux verts du Hamas donc à organiser une marche verte de dizaines de milliers voir de centaines de milliers de personnes non armées vers des territoires qu ils considèrent comme leur propriété Nous appelons ce scénario coréen car c est ainsi que la Chine a contraint la coalition comprenant seize pays dirigée par les États Unis à un cessez le feu désavantageux le 27 juillet 1953 En effet les États Unis ont cédé à la Corée du Nord de nombreux territoires qu ils contrôlaient au dessus de l actuelle ligne de séparation du 38 parallèle entre les deux Corée car déjà nous avions affaire à une guerre asymétrique D un côté une coalition bien armée et ayant la légitimité internationale puisque envoyée par le Conseil de sécurité de l ONU la délégation soviétique le boycottant et n utilisant donc pas son droit de veto De l autre des masses de Chinois mal armés envoyés par Mao appliquant l une des dix lois de la géopolitique des populations que nous avons définies la loi du nombre en envoyant des vagues humaines de soi disant volontaires L armée de la coalition ne pouvait durablement accepter un combat qui se traduisait par de véritables boucheries La loi du nombre imposée par les Chinois a contraint au cessez le feu et environ deux millions de Coréens ont fui les territoires cédés par la coalition à la Corée du Nord Ceteris paribus Gaza disposerait selon ce premier scénario d une masse de manoeuvre accrue de vagues humaines susceptibles d être utilisé en fonction des options choisies Alors s illustrerait la phrase prêtée à Arafat Nous gagnerons grâce aux utérus de nos femmes Même si cette phrase est apocryphe ce qui très difficile à établir puisque les discours d Arafat changeaient selon la langue qu il utilisait et les journalistes qu il avait face à lui le fait même qu elle soit périodiquement citée suffit à lui donner un sens géopolitique Après le scénario coréen il convient de considérer celui du statu quo dans l antagonisme Le scénario du statu quo dans l antagonisme Selon ce deuxième scénario une avancée progressive mais lente de Gaza dans la transition démographique se traduit par une progressive décélération démographique donc par une baisse mais à un rythme lent du taux de croissance démographique 5 Certes le taux d accroissement naturel à Gaza diminuerait de 3 4 en 2008 à 1 6 en 2030 car la fécondité baisserait de 5 2 enfants par femme en 2008 à 2 28 en 2030 des chiffres qui demeureraient toutefois plus élevés que la moyenne mondiale Et les effets de vitesse acquise produiraient une croissance démographique encore fort élevée en nombre d habitants supplémentaires la population de Gaza passant de 1 5 million en 2008 à 2 56 millions en 2030 Gaza se densifierait donc assez rapidement de 3 950 habitants km2 en 2008 à 6 600 en 2030 Le maintien retenu comme hypothèse de la situation conflictuelle donc du quasi statu quo ferait perdurer un sentiment mêlant l humiliation et l exaspération La population beaucoup plus nombreuse ne pourrait toujours pas trouver de sentiment de fierté dans ses propres réussites car elle demeurerait en situation d assistanat Comme dans le premier

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  • Stratégie et géopolitique du détroit d'Ormuz. Alain NONJON - Moyen-Orient
    longe des gisements géants dont le plus important du monde celui de Ghawar découvert en 1948 en Arabie Saoudite qui assure encore à lui seul avec 5 millions de barils j 6 de la production mondiale Cartes du détroit d Ormuz à deux échelles Ormuz War game sur écran géant Ce détroit hante les adeptes de la géopolitique fiction en mal de scénarii tragiques dans le premier volume de Blake et Mortimer il est déjà question du détroit d Ormuz et d une arme absolue mais on ne parle pas de pétrole Alain Minc dans Dix jours qui ébranleront le monde imagine le bombardement par Israël des centrales nucléaires iraniennes décision inévitablement suivie du blocage du détroit par le coulage de trois pétroliers par les Pasdarans avec réponse immédiate des Américains grâce à 4 porte avions avec enchaînements digne d un thriller catastrophe sensationnel baril à plus de 200 euros et des Bourses dévissant de 30 Stratégie fiction qui peut être n a même pas besoin de ces ingrédients belliqueux pour arriver à terme Serge Enderlin décrit une soirée d épouvante proposée aux global leaders de Davos en janvier 2007 avec Al Qaeda qui frappe un tanker dans le Bosphore une attaque au TNT du terminal de Ras Tanura principal terminal saoudien un pétrolier frappé à Ormuz et l économie mondiale à genoux en quelques minutes scénario d apocalypse qui fait de la peur géopolitique sur Ormuz une des trois peurs pétrolières la peur des ruptures d approvisionnement mais aussi la peur des réserves avec l hypothèse du peak oil proche Campbell 2010 et la peur climatique avec le pétrole associé aux émissions de gaz à effet de serre Difficile après de se convaincre qu il s agit de mousse pour opinion publique D Yergin Un détroit militarisé belligène crisogène Dès que l on désigne ce à quoi donne accès le détroit d Ormuz on est saisi par l ampleur des polémiques s agit il du golfe Persique depuis l Antiquité pour les Iraniens du golfe Arabo Persique des Anglais du golfe Bar al Farsi des Arabes médiévaux du golfe de Bassora pour les Irakiens du Golfe tout simplement pour les Occidentaux À Ormuz un face à face périlleux est facilement décodable d un côté Oman pétromonarchie dirigée par un sultan effacé mais prévoyant le sultan Qabous Oman budget militaire de 10 PIB longtemps lié aux Anglais partis en 1971 désormais lié aux Américains qui contrôlent Panama Suez le Bosphore Gibraltar et qui basent la Ve flotte à Manama au Bahrein deux porte avions nucléaires patrouillant sur les eaux du Golfe avec un troisième au large d Oman des bases arrière de Diego Garcia en face la grande puissance perse qui depuis le grand Darius a les yeux rivés sur Ormuz Les Iraniens ont renforcé leur ligne de défense port militaire de Bandar Abbas à l entrée du détroit bases militaires protégeant les îles de Tomb et Abu Musa disputées aux Émirats des torpilles efficaces VA 111 d origine russe

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